Aka Ana

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Réalisation : Antoine d’Agata
Production : Grégoire Debailly
Directeur de la photographie : Antoine d’Agata
Montage: Yann DEDET
Assistante montage: Minori AKIMOTO
Etalonnage: Charlie JOUVET
Montage son: Vincent VERDOUX
Mixage: Julien ROIG
Collaboration à l'écriture: Rebecca ZLOTOWSKI
Prise de son au Mexique: Rémy DARU

 

Antoine D'agata

Né à Marseille en 1963, Antoine d’Agata quitte la France en 1983 pendant 10 ans. Se trouvant à New-York en 1990, il poursuit son intérêt pour la photographie en suivant les cours de l’International Center of Photography, avec entre autres professeurs Larry Clark et Nan Goldin.
Pendant son séjour à New-York, de 1991-92, il travaille comme assistant à l’agence Magnum. Malgré ses cours et ses expériences aux Etats-Unis, à son retour en France en 1993, Antoine d’Agata laisse de coté la photographie pendant 4 ans.
Ses premiers ouvrages de photographies, De Mala Muerte et Mala Noche, sont publiés en 1998.
L’année suivante, la galerie Vu commence à distribuer son travail.
En 2001, il publie Hometown et remporte le Prix Niépce.
Il publie par la suite régulièrement. Vortex et Insomnia en 2003, s’accompagnent d’une exposition "1001 nuits" à Paris.
En 2004, Antoine d’Agata rejoins l’agence Magnum Photos et tourne son premier court-métrage El Cielo Del Muerto, expérience qui préfigure son premier long-métrage Aka Ana, tourné à Tokyo en 2006 et 2007.

FILMOGRAPHIE
Courts métrages
2004    El Cielo Del Muerto (12')

Longs métrages
2008    AKA ANA (60’)
Grand Prix du long-métrage documentaire, festival Entre Vues de Belfort, 2008

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM

Aka Ana

Antoine D'agata
Distribution :: 
Date de sortie :: 
18/03/2009
France - 2008 - 60 mn - HD
Le film emprunte la forme du journal intime. Il raconte les quatre mois qu'Antoine d'Agata a passé au Japon de septembre à fin décembre 2006. Le film est divisé en chapitres. Chacun est consacré à une femme rencontrée. Ce sont des femmes de la nuit : Actrices porno, prostituées, danseuses… Elles parlent de solitude, de nuit, de sexe, de trou noir et de mort.
Note d’intention
J'ai lu il y a longtemps une nouvelle de Bataille qui me hante.
A partir de ce texte littéraire, d’une description brute et épurée de gestes, d’actions, d’interactions, je veux chercher dans le réel les personnages et situations qui se plient à ce plan, afin d’élaborer un journal intime de mes nuits au Japon. Il sera composé d’images qui suivront à la lettre, mais dans sa chair, le scénario choisi. Avec la nécessité fondamentale, pour moi, d’être acteur et metteur en scène de cette retranscription. Car c’est par l’expérience que le but ultime, qui est de toucher à l’essence de mes peurs, d’en tirer l’énergie nécessaire pour pervertir l’appréhension que nous avons du réel, peut être atteint.
Les images qui naîtront de cette expérience cinématographique seront une tentative fragile de rendre compte de mon inscription au Japon pendant quatre mois. Au-delà des personnages en perdition et des dérives nocturnes, se dessinera une pratique indissociable d’une certaine façon d’appréhender l’existence, où le risque, le désir et le hasard demeurent les vecteurs essentiels, une recherche expérimentale qui prend chair dans mes actes.
En voici quelques éléments :

Dépenses
Une photographie/un plan se définissent à travers et au sein même de l’acte où ils
naissent. J’éprouve le besoin de photographier et de filmer pour repousser les limites physiques extrêmes de la vie. Non comme un acte réfléchi mais comme une mise à plats d’expériences ordinaires ou extrêmes. Le geste photographique ou cinématographique devient l’équivalent de l’acte perceptif lui-même. Il rend le vide tangible. Il me permet d’accéder à la conscience que j’ai de ma propre existence, de court-circuiter la représentation que nous avons de la représentation et de l’obscénité.
Aucune tendresse particulière pour le cinéma, pas plus que pour la photographie, mais le besoin de faire cracher à la caméra ce qui n’a pas été dit. Ne pas considérer la chose mais l’avaler toute entière. Et cracher le morceau.

Séquences
Je m’efforce de retranscrire le monde chaotique que j’expérimente à travers la mise en séquences de fragments de réels bruts. Les images ont été faites dans un état second. Elles sont les rescapées de nuits éthyliques et narcotiques, souvent les seuls points de repères isolés qui bousculent ma mémoire. J’ai été amené, de façon imprévue, à prendre la parole par la photographie. Aujourd’hui, c’est l’image vidéo. J’organise comme je parle, en bafouillant. La brutalité de la juxtaposition est la condition essentielle pour permettre aux images d’être vues.

Fragments
isolés, difficiles à contextualiser, ce sont des blessures béantes, des morceaux d’existence où l’émotion est difficilement contenue. Bout à bout, les images reconstruisent un puzzle aléatoire qui repousse les limites de l’explicite et figure, sans la figer ou la simplifier, une expérience. L’effet que doivent produire les images sur le spectateur n’est pas déterminé mais elles imposent un vertige dus à la confrontation avec un univers qui est vraisemblablement l’envers du sien, et une frustration liée à la tentative vaine de se représenter ce monde de façon compréhensible. Seule la fiction, donc le montage, peuvent amener le spectateur à affronter l’indicible vérité, l’obscurité du sens, les interférences de la mémoire et de l’oubli.

Pornographie
Comment un homme au milieu du chemin de sa vie, devant passer un certain nombre de nuits au Japon, entreprend un voyage intérieur pour recollecter les morceaux épars d'une identité aussi atomisée que la ville dans laquelle il se trouve. Il y a bien la formulation d'un conflit au départ : la perte de l'identité, et la proposition par et dans le film d'un moyen d'y remédier qui est in fine le film pornographique, issue paradoxalement morale. Le porno permet de raconter un monde sans dieu. Un monde où il ne reste que la chair, l’organique, la matière. Le porno raconte le deuil et l’acceptation qu’il n’y ait que cela. Il permet de dépasser l’antagonisme entre la fiction et le documentaire. Il est le seul regard moral. Il devient le paradigme d’un regard sur le monde, un regard qui met au jour la pornographie sociale, la pornographie des rapports entre les êtres, débarrassé du romanesque, des sentiments. Atteindre ce regard est le coeur du projet du film.