Le Direktør

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Réalisateur et scénariste Lars von Trier
Producteurs Meta Louise Foldager, Vibeke Windeløv, Signe Jensen
Producteurs Exécutifs Lene Børglum & Peter Aalbæk
Directeur de la photographie AUTOMAVISION ©
Son Kristian Eidnes Andersen
Montage Molly M. Stensgaard
Produit par ZENTROPA ENTERTAINMENTS21 APS
En coproduction avec SLOT MACHINE SARL, MEMFIS FILM INTERNATIONAL AB, LUCKY RED SRL
Et avec la participation de CANAL+
CE FILM A ÉTÉ DEVELOPPÉ AVEC L'APPUI DU PROGRAMME MEDIA DE
L'UNION EUROPÉENNE
 

Lars Von Trier

Tous les films de Lars von Trier ont été sélectionnés pour le Festival International
du Film de Cannes, où ils ont reçu sept récompenses, dont le Grand Prix du Jury pour Breaking the Waves et la PALME D'OR pour Dancer in the Dark. Ses long métrages et ses séries télévisées, ont reçu d'innombrables récompenses dont une nomination aux Oscars pour la prestation d'Emily Watson dans Breaking the Waves.
En 1995 Lars von Trier a présenté le manifeste Dogma 95, avec son ”voeu de chasteté” cinématographique et en 1998 le film dogme Les Idiots a été présenté à Cannes.
“La Trilogie de l'Europe” de Lars von Triers inclut les films Element of Crime, Epidemic et Europa. La deuxième ”La Trilogie Coeur d'Or” inclut les films Breaking the Waves, Les Idiots et Dancer in the Dark.
Après la Trilogie de l'Europe Lars von Trier a réalisé les séries télévisées L'Hôpital et ses fantômes I & II en 1994 et 1997.
Lars von Trier est le réalisateur de Orchidegartneren (1977), Menthe - la bienheureuse (1979), Nocturne (1980), Den sidste Detalje (1981), Befrielsesbilleder (1982) (tous des films d'amateur ou des courts métrages), The Element of Crime (1984), Epidemic (1987), Europa (1991), Breaking the Waves (1996), Les Idiots (1998), Dancer in the Dark (2000), 5 Obstructions (2003), Dogville (2003), Manderlay (2005) et Le Direktor (2006)
Films du même auteur valorisés par le Gncr: 

Réalisateur

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2011 FILM
2010 FILM
2009 FILM
2008 FILM
2007 FILM
2002 FILM
2000 FILM
1998 FILM
1996 FILM
Informations complémentaires: 

Le Direktør

Lars Von Trier
Distribution :: 
Date de sortie :: 
28/02/2007
Danemark- 2007 - couleur - 1h40 - 1,85 -Dolby SRD
Le propriétaire d'une société d'informatique décide de vendre son entreprise. Mais il y a un petit problème. A l'époque ou il a créé sa société, il s'est inventé un directeur fictif derrière qui s'abriter pour prendre les décisions impopulaires. Comme les acheteurs potentiels insistent pour conclure le deal avec le directeur en personne, le propriétaire décide d'embaucher un acteur au chômage pour jouer le rôle du directeur. L’acteur va découvrir qu'il est un pion dans une histoire qui va mettre son (manque de) sens moral à rude épreuve.
ENTRETIEN AVE LARS VON TRIER
par Geoffrey McNab

/ Vous dites, en tant que narrateur au début du film, qu'il s'agit d'une comédie sans danger. Un film de Lars von Trier peut-il être sans danger ?
J'avais envie de le dire. On me critique pour être trop politique, et c'est aussi ma propre critique… je suis peut-être en fait trop politiquement correct.Voilà un film qui a été fait très vite. Ce film n'est pas politique et je me suis amusé en le faisant, mais bien sûr les bonnes comédies ne sont pas sans danger.

/ Est-ce que ça a été agréable de tourner à nouveau en danois ?
Ça a été libérateur et très agréable. Je suis meilleur en danois. Je ne dis pas que je ne ferai que des films en danois maintenant, mais c'était un plaisir de tourner un petit film avec une petite équipe. C'était une grande détente.

/ Vous faites l'ouverture du festival du Film de Copenhague. Ça ne vous manque pas d'être à Cannes ?
C'est un choix que nous avons fait, de ne pas proposer le film à Cannes, et j'en suis très heureux. J'ai été dans le passé ravi d'y aller avec mes autres films, et Gilles Jacob a fait beaucoup pour moi, mais c'est un plaisir de ne pas devoir faire face à toutes ces choses désagréables, comme le voyage ou la pression pendant le festival. Je reste ici au Danemark, et c'est très bien, surtout qu'en mai je dois m'occuper de mon potager.

/ Quel est le secret pour faire une bonne comédie ?
La seule chose est de faire ce que vous-même trouvez drôle et qui vous amuse.

/ Comment définiriez-vous le sens de l'humour danois ?
Les Danois adorent entendre qu'ils sont stupides. Peut-être parce que c'est un petit pays et que les gens y sont un peu masochistes. Ils avaient adoré dans “Le Royaume” entendre parler des stupides Danois. Ici, quand les Islandais leur crient dessus et disent toutes ces choses désagréables, ils adorent.

/ Dans le film, il y a clairement une tension entre l'entreprise danoise et l'islandaise qui veut les acheter. Quelle est la situation actuelle entre le Danemark et l'Islande ?
Le fait est que beaucoup d'Islandais achètent en ce moment une grande partie de Copenhague. Pendant 400 ans l'Islande a été sous domination ,danoise.Tous les Islandais en ont tiré une haine des Danois. Ils en ont fait leur bête noire. La blessure de ces 400 ans est vraiment là.

/ Vous êtes à la fois le fondateur de Zentropa et un de ses réalisateurs. Vous voyez-vous comme Le Direktør ?
L'idée du duo du bon flic et du sale flic est une manière très efficace de ,résoudre les problèmes. Moi et Peter Aalbaek Jensen formons le tandem du bon et du méchant ici (à Zentropa). Quand il s'agit des acteurs et de l'équipe, je suis le bon flic, mais dans certaines situations je serai le méchant et Peter sera le bon. C'est très anti-danois de faire le sale flic. Tout le ,monde au Danemark veut être le bon flic, mais on a besoin de sales flics aussi. En Angleterre ou aux Etats-Unis, les sales flics sont là parce qu'on en a besoin, mais les Danois ont très très peur du conflit.

/ Peut-on voir le film comme une allégorie de Zentropa ?
C'est ce que disent les acteurs, mais je n'y avais pas pensé. Avec Zentropa, mon idée était simplement de pouvoir produire et contrôler ce que je réalisais. Peter Aalbek Jensen et moi sommes un peu étranges. On aime faire des choses bizarres et s'amuser. Je crois qu'il peut être amusant de travailler à Zentropa. Ce n'est pas une boîte de production comme les autres. Il n'y a pas d'idée claire derrière tout ça, c'est plutôt intuitif. On n'est pas là pour dire que le plus important c'est l'argent qui rentre.

/ Ce film doit beaucoup aux dialogues. Avez-vous délibérément évité les gags visuels ?
Quand j'étais petit, j'ai vu beaucoup de comédies de situation. J'adore Indiscrétions et The Shop Around The Corner. J'ai essayé de faire quelque chose dans ce genre. Ces comédies de situation sont basées sur l'idée que certains savent ce que d'autres ignorent.

/ Pouvez-vous nous parler de ce nouveau système, “Automavision” ?
Pendant longtemps, mes films étaient tourné caméra au poing. Ça a à voir avec le fait que je suis un obsessionnel du contrôle et que personne ne peut maîtriser totalement le cadre ou l'image. C'était plus facile de purement et simplement laisser tomber le cadrage et d'utiliser une caméra au poing. Avec “Automavision”, la technique est que je cadre d'abord et qu'ensuite on appuie sur un bouton de l'ordinateur. Ça donne un grand nombre de paramètres aléatoires. Je ne contrôle rien, c'est l'ordinateur qui contrôle.

/ Abandonner le contrôle de la caméra n'a pas du être une décision facile.
Ah si, j'ai pris cette décision très facilement. Je voulais une forme qui convienne à cette comédie. C'était une façon très fraîche de travailler. Je suis un grand angoissé, mais faire des trucs bizarre avec une caméra ne m'angoisse pas.

/ Comment ça s'est passé ?
Le bon côté c'est que ça libère le style de l'intention. L'idée n'était pas de rendre le film impossible, mais seulement de le rendre imprécis. On a appelé l'ordinateur Anthony DodMantle (d'après le nom d'un ancien directeur de la photo de Von Trier). L'idée de départ était de cacher la caméra pour les acteurs et de filmer à travers un miroir sans tain, mais nous n'avions pas assez de lumière. On n'a pas pu le faire.
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 Est-ce que les acteurs ont apprécié ?
Un bon acteur se cadrera de lui-même en quelques secondes. On a filmé au zoom et les acteurs ne pouvaient pas dire avec quelle focale on filmait, mais le  mieux aurait été de cacher la caméra.

/ Pensez-vous que le style Automavision plaise au public ?
Ce n'est pas un style qui fera fuir les gens. 70% du public ne remarquera rien. Mais il y a une chose à quoi ce procédé n'est pas adapté, c'est la prise de vue animalière. On avait l'éléphant pour un quart d'heure et on appuyait sur ce satané bouton encore et encore. Chaque fois qu'on avait un bon plan, l'éléphant était hors champ.

/ Qu'est-ce que vous cherchez chez un acteur de cinéma ?
Si un acteur pense qu'il peut contrôler le film à lui tout seul, il se trompe. Il ne peut pas contrôler le montage et toute la production du film. Le montage est un outil très puissant. Je crois que je sers les acteurs au montage. Moins un acteur est figé avant le plan, meilleur il est. Un truc très simple que j'utilise est de filmer la scène de multiples façons différentes. Ça veut dire que j'aurai beaucoup de matériel pour le montage. Plus j'ai de morceaux différents et plus l'acteur veut jouer la scène, mieux c'est.

/ Est-ce que Gambini, le dramaturge italien cité à la fin du film, existe vraiment ?
Non. Je revenais de Cannes et j'ai vu un gros camion rempli de nourriture où était inscrit “Gambini” - et j'ai pensé pourquoi pas. Mais c'est à Ibsen que je me réfère. Je trouve très drôle lorsqu'il est traité de trou du cul. On peut penser beaucoup de choses d'Ibsen, mais l'idée qu'il soit un trou du cul est vraiment étrange. Le film qu'on les voit regarder est Le Miroir de Tarkowski. C'est un de mes préférés. Je crois que je l'ai vu vingt fois.

/ Allez-vous continuer à faire de petits films ?
Pour l'instant, j'ai des idées de gigantisme, mais ce ne sont que des idées. On verra quels films en sortent. Terminer la Trilogie (commencée avec Dogville et Manderlay et devant se terminer avec Washington) en fait partie, mais je ne pense pas que ce soit le bon moment. Pour l'instant, je me promène en forêt avec mon iPod en rêvant.

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Automavision® est un procédé cinématographique de prise de vue (et de son) développé dans l'intention de réduire l'influence humaine sur l'oeuvre en convoquant l'arbitraire, pour obtenir une surface dépourvue d'idéologie, et détachée des habitudes pratiques et esthétiques. Après une mise en place artistiquement optimale de la caméra (décidée par le directeur de la photographie), un ordinateur programmé spécialement (avec possibilités de choix réduites) est chargé de décider quels paramètres changer : inclinaison, panoramique, focale, diaphragme, positionnement horizontal et vertical (pour le son il existe des paramètres équivalents, modifiés de la même manière après les mise en place de l'ingénieur du son). Le metteur en scène/directeur de la photo/ingénieur du son a la possibilité, après ce choix aléatoire des paramètres, de ne pas les conserver pour la prise de vue. Dans ce cas un autre paramètre est effectué d'après la formule Automavision® après l'arrêt de la caméra. Pour tirer au final le maximum de ces décisions partiellement aléatoires concernant le cadrage et le son, une autre règle stipule qu'il ne doit pas y avoir d'autres manipulations à l'exception d'un montage élémentaire, simple bout à bout des scènes, dans l'ordre pré établi, image et son synchroniquement verrouillés. Il n'est pas permis de faire des changements de luminosité ou des manipulations de l'image ou du son, qui doivent être reportés tels quels sur la copie finale. Dans le cas de Le Direktør une règle supplémentaire interdisait l'utilisation de lumière artificielle au tournage, à l'exception des éclairages en place dans le décor naturel utilisé. Toutes les scènes de Le Direktør sont tournées d'après les principes d'Automavision® - excepté quatre scènes courtes avec les commentaires du metteur en scène.
Lars von Trier, Filmbyen,
le 8 mai 2006

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