Ce cher mois d'août

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Réalisateur MIGUEL GOMES
Scénario MIGUEL GOMES, MARIANA RICARDO, TELMO CHURRO
Arrangeur musique MARIANA RICARDO
Image RUI POÇAS A.I.P.
Son VASCO PIMENTEL
Décors et costumes BRUNO DUARTE
Montage TELMO CHURRO, MIGUEL GOMES
Montage son MIGUEL MARTINS, ANTÓNIO LOPES
Mixage MIGUEL MARTINS
Directeur de production LUÍS URBANO
Producteurs LUÍS URBANO, SANDRO AGUILAR
Co-Producteur THOMAS ORDONNEAU
Avec le support financier de ICA, IP/MC Et la participation de RTP
 

Miguel Gomes

Né à Lisbonne, en 1972. Il fréquente l’École Supérieure de Théâtre et Cinéma (Escola Superior de Teatro e Cinema). Il travaille en tant que critique de cinéma dans la presse portugaise entre 1996 et 2001. Ses courts métrages sont primés dans des festivals comme Oberhausen, Vila do Conde, Belfort ou CinemaTexas et présentés à Locarno, Rotterdam, Viennale et Buenos Aires, entre autres. Il se lance dans la réalisation de longs-métrages en 2004, avec La Gueule que tu mérites.   En 2008, il présente, Ce Cher Mois d’Août, à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes. Ce Cher Mois d’Août a ensuite été sélectionné dans plus de quarante festivals internationaux où il a remporté plus d’une douzaine de prix. La Viennale (Autriche, 2008), Bafici (Argentine, 2009) et le Centro de Artes e Imaxes da Corunha (Espagne, 2009) ont présenté des rétrospectives de ses films. Tabou est son troisième long métrage. En 2015, les 1001 Nuits est sélectionné à à la Quinzaine des Réalisateurs.

2015 LES MILLE ET UNE NUITS (L'inquiet, Le désolé, l'Enchanté)
2012 TABOU
2008 AQUELE QUERIDO MÊS DE AGOSTO (Ce cher mois d’août)
2006 CÂNTICO DAS CRIATURAS (cm)
2004 A CARA QUE MERECES (La Gueule que tu mérites)
2003 PRE-EVOLUTION SOCCER’S ONE MINUTE DANCE
AFTER A GOLDEN GOAL IN THE MASTER LEAGUE (cm)
2002 KALKITOS (cm)
2001 TRINTA E UM* (Trente-et-un)(cm)
2000 INVENTÁRIO DE NATAL* (L’Inventaire de Noël)(cm)
1999 ENTRETANTO (cm), (Entre temps)

Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

QUINZAINE DES REALISATEURS, CANNES 2008

Ce cher mois d'août

Miguel Gomes
Distribution :: 
Date de sortie :: 
17/06/2009
Portugal / France - 2h30 - 35 mm - 1.66 - dolby SRD
Au coeur du Portugal montagnard, le mois d’août décuple la population et ses activités.Les gens rentrent au pays, tirent des feux d’artifice, contrôlent les incendies, font du karaoké, se jettent du pont, chassent le sanglier, boivent de la bière, font des enfants.Si le réalisateur et l’équipe du film étaient allés droit au but, résistant à la fête, le synopsis se réduirait à : « Ce cher mois d’août suit les relations sentimentales entre le père, la fille et son cousin, musiciens d’un groupe de musique de bal ». Amour et musique, donc.
D’une chanson à l’autre, de bal en bal, de nuit en nuit, de village en village, de paysage en paysage, c’est d’abord ainsi, avec toute la patience et l’amour pour les bruits de la vie, que nous arrivent les personnages et leurs récits. Un documentaire qui verse dans la fiction, alors ? Si l’on veut. Mais dans une bascule qui prend son temps. Le temps, vaguement désoeuvré, d’un mois d’août en Arganil, cette région pauvre et dépeuplée baptisée « coeur du Portugal » où viennent s’égayer et s’égarer quelques touristes, où les locaux reviennent de leur exil urbain. Le temps aussi, et surtout, de guetter l’éclosion lente d’un fantastique du quotidien. Construction organique qui reflète fidèlement la manière dont Miguel Gomes a entrepris ce second long-métrage.
Si un trio amoureux un peu grinçant, un père, sa fille et le cousin  de celle‑ci, fabriquait l’intrigue initiale, manquait à ces personnages leur corps. Gomes a choisi de chercher leur incarnation sur place. A longuement filmer les lieux dans sa quête d’acteurs, il a trouvé en même temps d’autres histoires, des légendes miniatures qui s’entrecroisent et prennent petit à petit le poids des énigmes.
L’Arganil ne se contente plus d’être un décor pittoresque, Ce Cher Mois d’Août en fait une terre où le mythique reste possible, mais avec assez de pudeur pour ne pas dire son nom. Et c’est pourquoi le tournage se permet d’entrer clandestinement, et par touches très discrètes, presque de petits accidents, dans le film. Non pour rejouer une énième mise en abîme, mais pour que chaque place, chaque rôle puisse à la fois sourire de son sérieux, et trouver, entre le fabriqué et le hasardeux, une libre correspondance. Lier les choses par la grâce de leur mouvement plutôt que par l’artifice d’un scénario stérilement autoritaire, voilà le choix de ce film, à l’image de ces dominos que le personnage du réalisateur, Gomes lui-même, arrange pour les faire s’affaisser soudain en une longue traîne blanche à ras du sol. Il y gagne, et nous avec, de laisser place au mystérieux, d’entendre ce qu’on ne voit pas, ainsi que le preneur du son le revendique à la fin du film : créer du merveilleuxavec les moyens du bord. Manifeste de modestie, certes, mais qui refuse de céder sur les puissances d’un enchantementà cueillir ici ou là.
Jean-Pierre Rehm et Francisco Ferreira


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note du réalisateur
La vie n’est pas toujours simple, mes amis ! En juillet 2006, une petite calamité survient. Le tournage du film, prévu pour lemois suivant, est reporté à une date incertaine. Il manque de l’argent à la production pour un scénario exigeant d’être tourné à l’intérieur du Portugal pendant les fêtes du mois d’août, et des options de casting du réalisateur. Rapidement remis du choc, celui-ci décide de partir sur le terrain avec une caméra 16 mm et une équipe composée de cinq éléments – petite mais brave ! – et filmer tout ce qui lui semblait digne d’être enregistré, se compromettant à recomposer la fiction en conformité. Cette histoire et les autres qui l’ont suivie vous pourrez les retrouver dans le film ; bien que, par amour de la vérité, on se doit de reconnaître que les apparences sont trompeuses et que certains réalisateurs ont une tendance à la mystification. Documentaire ? Fiction ?
Au milieu de ce film, on voit un pont : le pont roman de Coja sur la rivière Alva, duquel se jette Paulo « Meunier ». Sans vouloir me faire passer pour Confucius, je dirais que depuis n’importe lequel des bords que le pont relie, on peut voir parfaitement l’autre. Et que la rivière est toujours la même…