Malmkrog

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Avec : Frédéric Schulz-Richard, Agathe Bosch, Diana Sakalauskaité, Marina Palii, Ugo Broussot, Istvàn Teglàs

 

Cristi Puiu

Cristi Puiu est né à Bucarest en 1967. Alors étudiant en cinéma à l’École Supérieure d’Arts Visuels de Genève, il réalise dans les années 1990 plusieurs courts métrages et documentaires. De retour en Roumanie, il continue à peindre.
En 2001, il réalise son premier long métrage, Le Matos et la Thune, road movie filmé à l’épaule dans un style quasi-documentaire. Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, le film remporte plusieurs prix dans les festivals, notamment à Thessalonique. Lauréat de l’Ours d’or du meilleur court métrage à Berlin en 2004 avec Une Cartouche de Kent et un Paquet de Café, Cristi Puiu tourne ensuite La Mort de Dante Lazarescu, qui reçoit le Prix Un Certain Regard à Cannes en 2005, et de nombreuses autres récompenses. Il signe en 2010 avec le film Aurora le deuxième volet de la série Six histoires des banlieues de Bucarest. Il réalise en 2016 Sieranevada son quatrième long métrage. Il remporte le Prix du Meilleur réalisateurdans la section Rencontres du Festival du film de Berlin 2020.

Films du même auteur valorisés par le Gncr: 
Informations complémentaires: 

Meilleur réalisateur - 70e Festival International du Film de Berlin – Encounters (film d’ouverture

Malmkrog

Cristi Puiu
Distribution :: 
Date de sortie :: 
08/07/2020
Roumanie,…- 2020 - 3h10 - Scope

Nikolai, grand propriétaire terrien, homme du monde, organise des séjours dans son manoir qu’il met à la disposition de quelques amis. 

Pour les invités, parmi lesquels un politicien et un général de l’armée Russe, le temps s’écoule entre repas gourmets, jeux de société, et d’intenses discussions sur la mort, l’antéchrist, le progrès ou la morale.

Tandis que les différents sujets sont abordés, chacun expose sa vision du monde, de l’histoire, de la religion. Les heures passent et les esprits s’échauffent, les sujets deviennent plus en plus sérieux, et les différences de cultures et de points de vues s’affirment de façon de plus en plus évidentes.

 

 

 

À PROPOS DU LIVRE

TROIS CONVERSATIONS.

SUR LA GUERRE, LA MORALE ET LA RELIGION (1900)

Les forces historiques qui règnent sur la masse de l’humanité auront encore à se heurter et à se mêler avant que sur le corps de cette bête qui se déchire elle-même vienne pousser une nouvelle tête : la puissance unificatrice mondiale de l’Antéchrist “qui proférera des paroles fortes et élevées” et jettera le voile étincelant du bien et de la justice sur le mystère d’iniquité parvenu à son comble à l’heure de sa manifestation finale, pour, comme le dit l’Ecriture, entraîner même les élus -s’il était possible- à la grande apostasie. Montrer par avance le visage trompeur derrière lequel se cache l’abîme du mal, tel a été mon suprême dessein en écrivant ce petit livre.

Vladimir Soloviev

 


 

NOTE DU RÉALISATEUR

Les problèmes posés par la transposition d’une histoire vraie à l’écran sont dans une certaine mesure proches de ceux posés dans le cas d’une adaptation littéraire. Le risque de manipulation des faits ou de distorsions des intentions de l’auteur dans le but d’affirmer son propre point de vue semble insurmontable. Peut-être est ce la raison pour laquelle l’adaptation à l’écran des Trois conversations de Vladimir Soloviev devient une tâche doublement ardue. D’une part il faut recréer une époque, avec son langage, sa tradition et ses coutumes, et d’autre part il faut respecter l’esprit des Trois conversations et donc les intentions de son auteur.

Par ailleur, au regard du cinéma parlant, le texte me contraint à reformuler une grande partie de ce qui concerne l’image, le jeu, et les décors dans une histoire qui se tient dans le passé. De ce fait j’ai décidé de concevoir le film comme une interrogation sur le cinéma et la mémoire, m’autorisant à l’imaginer pas à pas, chaque jour, prenant en considération chaque vibration, chaque changement de lumière naturelle, chaque variation climatique, chaque soubresaut de mon intuition. Ce sont les limites dans lesquelles j’ai voulu ancrer mon interprétation personnelle d’un texte que je considère, pour de nombreuses raisons, prophétique.

Cristi Puiu