Le numérique à marche forcé

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Le numérique à marche forcé

Les Cahiers du cinéma, dans son numéro 669 de juillet-août 2011, publie, sous le titre " Le numérique à marche forcée ", des propos de Caroline Champetier recueillis et mis en forme par Jean-Philippe Tessé. A la suite de son article " L’expérience cinéma en danger " paru dans la Lettre de l’AFC et du communiqué de presse signé par (AFC, Acid, SACD, ARP, CST, Ficam et SRF)  professionnelles, intitulé " Respecter la lumière dans les salles obscures ", FAIRE LIEN VERS L’ARTICLE, les Cahiers ont « demandé à Caroline Champetier de préciser les raisons de cette initiative et d’expliquer les conséquences du passage au numérique, qui selon elle se fait “ à marche forcée ”, sur la nature et la culture de l’image de cinéma. » 

1. Le temps de l’hybridité 
Nous ne sommes pas encore à l’ère du tout-numérique et nous utilisons encore des outils du cinéma dit traditionnel. Nous vivons donc un moment où l’hybridité est possible entre le traditionnel, c’est-à-dire la filière argentique chimique, et le numérique ; cela offre des possibilités d’inventivité formidables. 

Or on ne tire pas profit de cette coexistence de deux gestes, qui sont peut-être aussi deux philosophie de l’image (la caméra obscura contre l’image immédiate, l’image latente puis révélée contre l’image retravaillable par couches...) et qui pourraient s’enrichir mutuellement.

Du point de vue de l’industrie, de nombreux films auraient pu encore se fabriquer traditionnellement. Cela aurait permis à des laboratoires de modifier doucement leurs pratiques et leurs outils, à des savoir-faire de se perpétuer et aux professionnels de se former dans une continuité. Mais par peur de se voir pris de vitesse (par le marché) il a fallu tout changer, d’un coup, à marche forcée " robespierriste ". Aujourd’hui, une partie de l’industrie est sinistrée, alors qu’on disposait en France d’outils extraordinaires, le laboratoire de série d’Eclair par exemple, qui compte parmi les plus performants du monde.

Pour nous, directeurs de la photographie, l’étalonnage numérique est un progrès passionnant. Nous pouvons retravailler l’image, en creuser l’intelligence, faire ce qui n’avait pas été fait au tournage : donner plus d’éclat à un visage, ombrer une partie du plan quand, sur le plateau, on avait pas eu le temps de mettre un drapeau, modifier la couleur d’un ciel. 
En traditionnel, l’étalonnage servait à raccorder, mais on ne pouvait pas revenir sur ce que l’on avait fait. En numérique, c’est possible.

Aujourd’hui, en matière de chromatisme et de dynamique, le film 35 mm est encore ce qu’il y a de plus riche. On est sur une échelle de rapports entre les couleurs primaires de 8:8:8, autrement dit : huit bleus, huit verts, huit rouges différents. Une petite caméra numérique est en 4:2:2. Une bonne caméra numérique est en 4:4:4. [...]

L’article comprend trois autres têtes de chapitre : 

2. Le relief 
3. La perte de l’aléatoire 
4. La projection

Lire l’article en entier dans le n° 669 (juillet-août 2011) des Cahiers du cinéma