Rencontre avec Arnaud Desplechin et Tobie Nathan, ethnopsychiatre

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Œuvres et auteurs

Rencontre avec Arnaud Desplechin et Tobie Nathan, ethnopsychiatre

Rencontre ayant eu lieu au cinéma l'ECRAN de Saint Denis le 15 septembre 2013 à l'issue de la projection JIMMY P. PSYCHOTHERAPIE D’UN INDIEN DES PLAINES de Arnaud desplechin
( Etats-Unis-France/2013/1h56) - Compétition officielle - Cannes 2013

" J'aime dans votre film son côté Little Big Man (Arthur Penn, 1970) : c'est un homme qui rencontre un Indien et qui est happé, tant par l'individu que par son monde. En fait, c'est une sorte de western ! " Tobie Nathan

" Oui, c'est vrai. J'ai lu ces dialogues de psychothérapie comme une rencontre étonnante entre le "sauvage", l'Indien des plaines, et ce psy excentrique où l'on ne sait pas très bien qui est le plus sauvage des deux. C'est le portrait de deux hommes que tout oppose et que les hasards de la vie vont faire se connaître dans un lieu où ils sont aussi étrangers l'un que l'autre : ils sont tous les deux citoyens américains, ils ont tous les deux servi dans l'armée américaine pendant la guerre, mais Devereux est européen, juif hongrois, psy marginal qui n'est pas médecin, qui vient de l'anthropologie, et Jimmy P. est un Indien Blackfoot. C'est pour cette raison que je voulais tourner en anglais, avec deux acteurs dont l'anglais n'est pas la langue maternelle. Ils ont une langue en partage, mais ce n'est pas la leur ; c'est leur point de rencontre. " Arnaud Desplechin

(extraits de l'entretien paru dans Philosophie magazine, N° 72, sept. 2013)

L'intégralité de la rencontre est disponible à l'écoute sur ce lien

Vous pouvez aussi télécharger le mp 3 ici

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Jimmy Picard, un Indien Blackfoot ayant combattu en France, est admis l'hôpital militaire de Topeka, au Kansas, un établissement spécialisé dans les maladies du cerveau. Jimmy Picard souffre de nombreux troubles, mais en l’absence de causes physiologiques, le diagnostic qui s’impose est la schizophrénie. La direction de l’hôpital décide toutefois de prendre l’avis d’un ethnologue et psychanalyste français, spécialiste des cultures amérindiennes, Georges Devereux. C’est le début d’une cure psychanalytique, dans l’exploration des souvenirs et des rêves du patient.

« Jimmy P. est presque un western, tant les passions humaines sont extirpées, exhibées, à vif. Un film d’amitié comme ces grands films qui associent deux hommes que rien ne rapproche sinon leur humanité commune. On pourrait y voir aussi un film sur la psychanalyse, qui vient s’ajouter à une liste, à mon sens trop courte, une sorte de Hitchcock ou de Cronenberg à la française, c’est-à-dire, plus délicat, plus subtil. Un film profond, vrai, au point d’en avoir les larmes aux yeux. » Tobie Nathan (Libération, 21 mai 2013)

Formé par Georges Devereux, Tobie Nathan, professeur de psychologie clinique et pathologique, ethnopsychiatre et écrivain, a fondé, en 1993, le Centre Georges Devereux dédié à l’aide psychologique aux familles migrantes. Cinéphile un peu sorcier, il a animé à l'écran, durant plusieurs années, un ciné-club passionnant qu’il avait baptisé, Les Mondes de la nuit.

CINEMA L’ECRAN, Place du Caquet 93200 Saint-Denis 01 49 33 66 88 - lecranstdenis.org