Le Sirius au Havre fait peau neuve

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Portrait de salles

Le Sirius au Havre fait peau neuve

Le Sirius du Havre fait peau neuve. Après quatre années passées avenue Foch dans l’ancien cinéma Les Clubs, le complexe art et essai a retrouvé, le 10 août, son emplacement historique du cours de la République. Trois ans de travaux auront été nécessaires à sa transformation. “L’outil commençait à vieillir, il ne répondait plus aux normes d’accessibilité, assure Stéphane Foulogne, gérant du Sirius depuis 1988. Il fallait absolument faire quelque chose. Nous avions deux possibilités : rénover le lieu, ce qui aurait presque coûté aussi cher que tout démonter ; ou tout reconstruire.”

L’exploitant opte finalement pour la deuxième solution, profitant de l’occasion pour agrandir le lieu dans l’idée de “renforcer la programmation sur les films d’auteur difficiles, c‘est-à-dire en passer plus”. Auparavant doté de trois écrans et 410 places, le complexe bénéficie dorénavant de cinq salles et 780 sièges, toutes équipées en 4K et en fauteuils duo. La plus grande dispose même du son Dolby Atmos, chose rare pour une salle art et essai. “Je ne sais pas ce que sera le cinéma dans cinq ans, mais j’ai essayé d’avoir un outil qui répondra le plus longtemps possible à l’évolution des technologies.”, avance Stéphane Foulogne pour expliquer cet investissement. Organisé sur quatre niveaux, l’établissement héberge désormais un bar-restaurant doté d’une trentaine de places et d’écrans diffusant des bandes-annonces. En outre, la plus petite salle (60 sièges) bénéficie de fauteuils démontables lui permettant de se transformer en salle de réception, une terrasse extérieure de 250 m2 y étant également accolée. Coût total du projet: 4,7 M€.

Du temps de ses trois écrans, le Sirius rassemblait 70 000 spectateurs dans ses meilleures années. Stéphane Foulogne mise désormais sur 115 000 à 120000 entrées par an pour son nouveau complexe. Avec un objectif de reconquête du public. “Lorsque nous avons déménagé sur l’avenue Foch (à deux kilomètres du cours de la République, Ndlr), une partie de la clientèle du Sirius a suivi, l‘autre pas Nous avons par exemple, complètement perdu les étudiants.” À cette problématique s’ajoute l’arrivée, au printemps 2017, d’un nouvel opérateur dans la commune mitoyenne de Montivilliers. “L’ouverture des Arts (exploité en DSP par Noé Cinémas, Ndlr) va changer la donne sur Le Havre”, prévient Stéphane Foulogne, qui estime que l’établissement de quatre écrans pourrait lui fait perdre aux alentours de 15 000 entrées par an.

Kevin Bertrand

LE FILM FRANÇAIS N° 3711 du 2 septembre 2016