Le Parc de Damien Manivel
Film soutenu

Le Parc

Damien Manivel

Distribution : Shellac

Date de sortie : 04/01/2017

2016 – 1h12 mn – DCP – 1.37 – 5.1.

C’est l’été, deux adolescents ont leur premier rendez-vous dans un parc. D’abord hésitants et timides, ils se rapprochent au gré de la promenade et tombent amoureux. Vient le soir, l’heure de se séparer… C’est le début d’une nuit sombre.

Festival de Cannes 2016 – ACID
Moscow International Film Festival 2016 – Hors compétition
Raindance Film Festival London 2016 – Compétition long métrage
Viennale, Vienna International Film Festival 2016
Alexandria Mediterranean Countries Film Festival 2016
Gent Film Festival 2016 – Global Cinema
Ciné-Rencontres Prades, 2016

Avec : Naomie Vogt-Roby, Maxime Bachellerie, Sobere Sessouma

RéalisationDamien Manivel • Scénario Damien Manivel et Isabel Pagliai • ImageIsabel Pagliai • Son Jérôme Petit • Montage William Laboury • Montage son Jérôme Petit • Mixage  Simon Apostolou • Coloriste  Yov Moor • Régie Amandine Radigue • Producteur  MLD Films, Damien Manivel • Producteur éxécutif  Martin Bertier • Producteur associé Shellac Sud, Thomas Ordonneau • Avec la participation de  Ciné +, Bruno Deloye • Avec le soutien de  Nikon

Damien Manivel

Damien Manivel débute sa carrière en tant que danseur avant de se tourner vers le cinéma. Après des études au Fresnoy, il réalise plusieurs courts-métrages remarqués dont La Dame au chien récompensé du Prix Jean Vigo. Depuis 2014, il a produit et réalisé quatre longs-métrages présentés dans des festivals majeurs (Cannes, Locarno, Venise, San Sebastian…). Avec Les Enfants d’Isadora sélectionné en compétition internationale au festival de Locarno, Damien Manivel réalise son premier film sur la danse.

Filmographie

2018  LES ENFANTS D’ISADORA
Festival du film de Locarno – Compétition Internationale – Prix de la mise en scène
Jeonju Cinema Project

2017 TAKARA – LA NUIT OÙ J’AI NAGÉ, co-réalisé avec Kohei Igarashi
Mostra de Venise – compétition Orizzonti – Festival de San Sebastian – Zabaltegi Tabakalera…

2016 LE PARC
Festival de Cannes – programmation ACID

2014 UN JEUNE POÈTE
Festival Du Film De Locarno – Cinéastes du Présent – Prix spécial du jury…

2012 UN DIMANCHE MATIN (court métrage)
Festival de Cannes – Semaine Internationale de la Critique – Prix Nikon du Court-Metrage…

2010 LA DAME AU CHIEN (court métrage)
Prix Jean Vigo, Festival de Cannes – programmation ACID, Festival du film de Clermont-Ferrand
Prix Spécial du Jury, Festival du film de Vendôme – Grand Prix, Festival Premiers Plans d’Angers
Grand Prix et Prix d’Interprétation, Festival Côté Court de Pantin – Prix de la Résidence,
Prix jeunesse et Mention Spéciale du Jury Presse, Festival du film de Breda – Grand Prix…

2008 SOIS SAGE Ô MA DOULEUR (court métrage)
Festival du film de Belfort, Festival Côté Court de Pantin…
2007 VIRIL (court métrage)
Festival du film de Locarno, Festival du film de Rotterdam, Festival Côté Court de Pantin, Festival Premiers Plans d’Angers

INTENTIONS

Les parcs sont pleins d’histoires ordinaires. J’aime y passer du temps
et observer. Quand je regarde longtemps ces paysages, du banal surgit
l’étrange. Comme si derrière les pelouses ensoleillées et les jeux,
se cachait quelque chose de sombre et indistinct.

Cette impression a guidé l’écriture du film. Je suis donc parti d’une
de ces histoires ordinaires, comme on peut en voir dans un parc l’été :
un couple d’adolescents assis sur un banc,
mal à l’aise à l’idée du premier rendez-vous amoureux.

J’ai eu envie de me situer dans le regard de la jeune fille et de raconter,
le temps d’un jour et d’une nuit, l’histoire de leur amour,
du premier regard jusqu’à la séparation.

Arrivé là, il m’a fallu continuer : le choc de la perte, la sidération.
La nuit immense qui recouvre le parc, la jeune fille qui avance
à l’aveugle et traverse l’épreuve du chagrin… l’histoire ordinaire est déjà loin.

Damien Manivel


4 QUESTIONS A DAMIEN MANIVEL

On découvrait Un jeune poète il y a tout juste un an. Et vous revoilà déjà avec Le Parc. Comment est-ce possible ?
J’ai besoin d’être au travail, sur un décor, avec l’équipe, les acteurs, c’est dans ces moments-là où je me sens le plus vivant donc pour moi ce rythme est le bon. Après, j’ai eu la capacité de tourner rapidement et librement ce film puisque j’en suis le producteur et que par ailleurs je suis accompagné de partenaires de confiance et d’une équipe qui partagent cet état d’esprit. Nous avançons, non sans risques, mais avec une réelle indépendance.

Quelle est la part d’écriture et d’improvisation? Tes acteurs, d’où viennent-ils ?
J’arrive avec une intuition sur le fond et une idée basique ,de structure. Pour vous donner un exemple, je sais que le récit se déroulera sur une journée et une nuit dans un parc, que le personnage principal sera une adolescente, qu’elle vivra une histoire avec un jeune homme et croisera la route d’un gardien du parc. Le premier jour, nous commençons donc par filmer le rendez-vous entre les adolescents… Les péripéties, la tonalité, l’image de fin, tout cela s’écrit pendant le tournage.
Pour incarner la jeune fille, je souhaitais travailler avec une acrobate, afin qu’on ait un langage commun car je donne beaucoup d’indications gestuelles. J’ai donc fait un casting et rencontré Naomie. Maxime est étudiant à la fac et Sessouma, professeur de philosophie. Nous les avons croisés à Poitiers et abordés.

Encore l’adolescence, le duo amoureux, toujours cette idée qu’à cet âge-là c’est compliqué, que quelque chose empêche l’amour…
C’est vrai que le film est à la fois candide et profondément triste. L’idée de la première fois me touche particulièrement. L’approche maladroite, les premiers rires et caresses, tomber amoureux et être quitté. L’idée qu’à ces âges-là, quand on traverse des épreuves comme la séparation amoureuse, on traverse littéralement le feu.

Solaire et noir, Le Parc tend clairement vers le fantastique, on retrouve les lueurs mélancoliques et inquiétantes de votre film La Dame au chien…
C’est qu’ils ont en commun un sentiment de menace latente. Il y a un moment où Le Parc prend un tournant, on avance à l’aveugle, sans savoir si on a quitté la réalité ou pas. Mon désir de cinéma avance sur le même fil. Je rêve de films sur le quotidien le plus banal, de burlesques insensés, et en même temps je suis passionné par le cinéma d’épouvante. Avec ce second long-métrage, j’ai peut-être inconsciemment tenté de réunir tout ça.