Le Père de Nafi
Film soutenu

Le père de Nafi

Distribution : JHR Films

Date de sortie : 09/06/2021

Sénégal - 2019 - 1h50 - DCP - couleur - langue originale : Pulaar/Fulah

Dans une petite ville du Sénégal, deux frères s’opposent à propos du mariage de leurs enfants.
Deux visions du monde s’affrontent, l’une modérée, l’autre radicale.
Les jeunes Nafi et Tokara rêvent, eux, de partir étudier à Dakar, la capitale, et de vivre avec leur époque. À la manière d’une tragédie, et alors que s’impose la menace extrémiste, les amoureux doivent trouver un chemin pour s’émanciper des conflits des adultes.

Réalisation et scénario Mamadou Dia: Mamadou Dia • Producteur Maba Ba Chef Monteur Alan Wu • Directeur de production Mamadou Hady Dia • Chef opérateur Sheldon Chau • Producteur exécutif Soundiata A. Ba • Compositeur Baaba Maal • Assistant réalisateur Lassina Kone

Léopard d’Or (section cinéastes du présent)
prix du meilleur premier long métrage – Festival de LOCARNO 2019
PRIX Découverte – FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM
FRANCOPHONE DE NAMUR – 2019

Mamadou Dia

Mamadou Dia est un scéanriste et réalisateur sénégalais, il a obtenu son master en Réalisation/Écriture de la New York University Tisch School of the Arts.
Avant de faire du cinéma, il a travaillé
comme journaliste basé à Dakar, couvrant l’actualité et les histoires à travers le
continent africain.
Son long métrage Le père de Nafi (Baamum Nafi en Pulaar) a fait sa première au Festival international du Film de Locarno en 2019 où il a remporté le prix de la meilleure première œuvre et le Léopard d’or de la section « cinéastes du présent ».
Le père de Nafi est sorti en salles au Sénégal et continue d’être selectionné dans divers festivals.
Son précédent film Samedi Cinema a été selectionné aux festivals de Venise et de Toronto en 2016.
Dans ses films, Mamadou explore la frontière ténue entre réalité et fiction en puisant dans ses expériences personnelles et professionnelles.

ENTRETIEN AVEC MAMADOU DIA

Quel a été votre parcours avant ce premier film ?
J’ai 37 ans, je suis né et j’ai grandi à Matam, une petite ville au nord du Sénégal, presque à la frontière avec la Mauritanie. On y vit au rythme du fleuve Sénégal et mon rêve d’enfant était d’être hydrologue. Je voulais apporter l’eau à ma famille, je voyais bien les difficultés quotidiennes, la nécessité d’aller au fleuve pour laver le linge, pour se laver, etc. Quand les pluies n’avaient pas été bonnes, la vie changeait. Je suis allé suivre des études à l’université à Dakar, jusqu’au master, et au contact de cette grande ville, peu à peu, j’ai eu envie de témoigner ce qu’il s’y passait. J’ai réussi le concours d’une école de communication et de journalisme. J’ai travaillé comme journaliste, notamment comme reporter d’images, pendant presque dix ans, pour des agences nationales et internationales. Et puis l’envie de cinéma a pris le dessus. J’ai rassemblé mes économies et j’ai postulé à la Tisch School of the Arts de l’Université de New York. J’ai été accepté et j’ai pu y achever ma scolarité de trois ans grâce à une bourse de l’école et aussi au soutien du gouvernement du Sénégal.

Vous étiez cinéphile ?
Enfant, je n’avais pas le droit d’aller au cinéma ! Je viens d’une famille d’imams. Des imams très ouverts : mes soeurs sont allées à l’école laïque, personne chez moi ne porte le voile. Mais le cinéma, mes parents n’y allaient pas eux-mêmes, je crois qu’ils en avaient un peu peur. L’unique salle de Matam a fermé quand j’étais encore jeune, mais elle n’était faite que de quatre murs, à ciel ouvert, et on entendait les films de l’extérieur. Y compris quand il y avait des scènes d’amour… Je me souviens que parfois les enfants essayaient d’apercevoir l’écran en grimpant à un arbre. J’en ai fait le sujet d’un de mes courts-métrages, Samedi Cinéma. On n’avait pas la télé mais j’ai vu beaucoup de films, chez des voisins. Et raconter par les images m’a toujours intéressé. J’ai eu d’excellents professeurs à New York, comme Andrew MacLean qui est d’origine inuit, ou la cinéaste argentine Julia Solomonoff. Et puis il y avait Spike Lee qui m’a souvent reçu dans son bureau, pour m’encourager ou parler de ses films. Dans Samedi Cinéma, on voit une affiche de Malcolm X qu’il m’a personnellement donnée. Ses conseils étaient toujours très concrets : « trouve un travail, écris pendant le week-end », etc.

Comment est née l’idée du Père de Nafi ?
A mon arrivée aux Etats-Unis, dès que je disais être musulman, et que j’ajoutais que mon père était imam, comme mon grand-père et comme mon frère, je voyais la réaction des gens : un questionnement un peu inquiet. J’ajoutais immédiatement qu’au Sénégal et plus largement en Afrique subsaharienne, il y a une façon plus détendue de vivre sa religion. Mais c’était pesant de se justifier sans cesse. Et l’élection de Trump m’a stupéfié : quoi, ce genre de choses peut arriver dans un pays démocratique ? J’ai eu envie de parler de la religion dans ma région, et aussi de la façon dont les mariages sont presque toujours une décision communautaire, un accord entre deux familles. J’ai imaginé quelqu’un cherchant à corrompre ces mécanismes communautaires par l’extrémisme religieux. J’ai commencé à écrire le scénario fin 2015.

La mainmise terroriste sur un village, c’est une situation qui peut arriver au Sénégal?
Non, en tout cas pas encore. Mais dans mon travail de journaliste, j’ai vu des situations similaires, je suis allé à Tombouctou à plusieurs reprises, je suis allé aussi au Nigeria. Quand la crise a commencé au Mali, j’étais vraiment surpris : il n’y a pas plus pacifique que les Maliens. Je généralise bien sûr, mais c’est un peuple d’une douceur extraordinaire, comment l’extrémisme peut-il s’installer au Mali ? Au Sénégal, l’opinion partagée est qu’une dérive comme celle-ci est impossible. C’est ce que le maire dit à Tierno : « Nous sommes en République, quand même ! ». Mais rien ne prouve que ça ne puisse pas arriver dans mon pays. Je crois que c’était important de poser le débat chez moi, avec ma propre langue, avec les gens de ma région.

Comme une sorte d’avertissement ?
Le film ne donne pas de leçon, n’offre pas de solution, mais il dit que ce que l’on a de plus cher dans cette société, c’est la cellule familiale, la famille qui soutient chacun de ses membres. Au Sénégal, la cellule familiale fait plus que l’Etat. L’argent que les Sénégalais partis à l’étranger envoient à leur famille est supérieur au PIB. L’extrémisme commencera par s’attaquer à la famille. Il faut comprendre qu’aucun des extrémistes du film n’agit réellement par foi. Ils utilisent la religion comme un levier de pouvoir, mais ce sont surtout des personnes mal intentionnées qui veulent prendre le contrôle d’une ville pour leur intérêt personnel. Et ici, il s’agit d’un règlement de comptes entre frères : Ousmane veut être plus puissant que son frère Tierno, qui a la mainmise sur cette ville. Il y a des raisons objectives pour lesquelles les extrémistes parviennent à s’imposer. Par exemple l’absence de l’Etat et le discrédit dont il souffre. Ce maire que l’on ne voit que pendant les élections, c’est une réalité dans plusieurs villes sénégalaises. Ou ces élus nationaux qui en viennent aux mains à l’Assemblée, et que Nafi regarde en riant sur son téléphone. Comment peut-on faire confiance à ces gens-là ? On leur a donné le pouvoir de nous représenter, de nous défendre, mais avec leur intellect, pas en se battant comme des chiffonniers !

Vous avez tourné à Matam, dont vous montrez la topographie par un plan aérien, mais vous avez rebaptisé la ville Yonti. Pourquoi ?
D’abord parce que le terrorisme n’est pas arrivé à Matam. Et ensuite parce que je me suis rendu compte que cela dérangeait les acteurs non professionnels avec qui je travaillais. Par exemple, la personne qui joue le maire a travaillé à la mairie de Matam pendant vingt-cinq ans. Il a vu passer tous les maires de la ville. Quand je lui ai dit : tu joues le maire de Matam, il était troublé. En lui disant qu’il était le maire de Yonti, mais qu’il devait jouer comme le plus hautain des maires de Matam qu’il avait croisés, ça l’a libéré ! Il a été parfait. Le plan aérien était présent dès le scénario. Il était important que les gens comprennent l’échelle du récit. Si deux frères se battent pour un quartier de Dakar, ce n’est pas le même film. C’est une petite ville, elle peut littéralement appartenir à une seule personne. J’avais précisément écrit cet enchaînement de séquences : Tierno à l’hôpital, puis faisant l’appel à la prière, puis la ville, coincée entre le fleuve et une zone semi-désertique. C’est un espace d’où personne ne sort.

Un espace de western…
Absolument. Le cinéaste malien Daouda Coulibaly m’a dit un jour qu’à force de voir des films et des films, nos références sont digérées et deviennent inconscientes. Je n’ai jamais pensé au western, ni en écrivant, ni en réalisant. Mais le premier journaliste que j’ai rencontré m’a dit : vous savez, ce film est comme un western. Effectivement, des gens s’y battent pour le contrôle d’une petite ville…

Le personnage de Tierno est-il inspiré par votre père ?
Beaucoup de ses traits viennent de lui, en effet. Mon père était cette personne très spirituelle et très ouverte. Il était aussi très attaché à sa fille ainée. Mais la rivalité avec Ousmane est pure fiction. J’ai imaginé que le frère aîné était parti en Europe. C’est là qu’il s’est radicalisé. Le paradoxe de ces extrémistes est qu’ils ne viennent pas toujours de là où l’on pense. Ousmane est parti jeune. En se cherchant lui-même, loin de sa famille, il est tombé sur ces réseaux. Mais il est clair qu’il revient pour développer sa ville et s’enrichir, pas pour diriger la prière ou s’assurer de la foi des gens… Tierno, lui, s’est toujours senti à la marge de l’intérêt du père, qui avait choisi Ousmane pour lui succéder. Mais quand le père est mort, puisque l’aîné était parti, c’est Tierno qui a dû le remplacer. Tant pis s’il avait d’autres plans, si lui aussi voulait voir le monde. Il a épousé une femme plus âgée que lui, par convention. Cela arrive quand le père meurt subitement, on trouve la cousine la plus proche prête à être mariée. Tierno a une complicité forte avec sa fille, on peut même se demander au début s’ils ne sont pas frère et soeur. C’est un imam très tolérant. A un moment, on voit Ousmane couper les amulettes que Tierno porte sur lui et qui viennent de son propre père. Ce sont des traces d’animisme, une religion très antérieure à l’Islam. Ce syncrétisme est courant au Sénégal et dans l’Afrique subsaharienne : toutes les religions sont nourries de croyances traditionnelles, encore puissantes. Mais pour Ousmane, adepte de la religion pure, les amulettes sont inconcevables. Il ne s’agit pas pour lui de convertir de non-musulmans, mais de resserrer les rangs des croyants. D’ailleurs, ces extrémistes tuent plus de musulmans que de non-musulmans…

Ousmane apporte toujours l’argent dans un hijab…
Oui, c’est une image très symbolique à laquelle j’avais pensé pendant l’écriture et qui s’est précisée aux répétitions. Ousmane n’a pas d’enveloppe brune ou de sac plastique, il a ce hijab – dans sa tête, toutes les femmes doivent le porter. Vous remarquerez aussi qu’Ousmane ne s’habille pas comme Tierno. Tierno porte un caftan, une robe longue sur un pantalon, une tenue typique de la région ; mais Ousmane y ajoute quelque chose de noir, ce qui vient du Moyen-Orient…

Il y a chez Tierno une douceur qui rend encore plus émouvants son parcours et sa rébellion finale…
C’est d’abord la nature d’Alassane Sy qui l’interprète – et qui est l’un des deux acteurs professionnels du film avec Saikou Lo, qui joue Ousmane. C’est quelqu’un de calme, dont la douceur n’exclut pas la force. Calme pendant les répétitions, calme sur le plateau et calme à l’écran. J’aime le moment où Tierno lève les yeux pour regarder le spectateur, quand il prend la décision de se battre. C’est sa façon de nous dire : « voilà, cette histoire peut arriver, elle est comme un miroir que je te tends ».

Comment avez-vous conçu le personnage de Nafi ?
Elle ressemble à mes soeurs ou aux femmes de la région. Elle incarne ce pouvoir très discret qu’elles ont. Parce qu’elles ont le pouvoir. Quand on voit les vieux couples dans la région de Matam, l’homme marche un pas devant sa femme, mais la réalité c’est que quand la femme décide quelque chose, cette chose aura lieu. On laisse le mari faire l’homme de la maison, bomber le torse, mais la femme a le pouvoir. Dans le roman très connu du grand écrivain sénégalais Cheikh Hamidou Kane, L’Aventure ambigüe, qui se passe dans ma région, il y a un personnage de femme qu’on appelle la Grande Royale. Son influence est grande. Partout au Sénégal, l’économie est aux mains des femmes, mais on n’en entend pas parler. Nafi est cette personne forte et en même temps douce, pleine d’amour, qui sait ce qu’elle veut. Elle va mener son chemin, lentement, discrètement. Elle dirige la relation qu’elle a avec Tokara. Il est doux, tranquille, il n’a pas compris qu’il était utilisé, alors que Nafi a saisi qu’ils n’étaient que des pions dans une partie dirigée par les adultes. Tokara a une passion, la danse, que son père déteste, et son seul salut, c’est Nafi. Ils ont un côté Roméo et Juliette.

Vous filmez souvent près des visages, dont l’expression apporte à la fois dignité et émotion au drame…
J’aime beaucoup les visages et nous avons travaillé pour minorer les réactions des non-professionnels, pour que leur expressivité ne soit pas trop théâtrale. Je leur demandais souvent d’en faire un peu moins. L’idée était de faire un film avec des plans serrés.

En quelle langue le film est-il parlé ?
En pular, qui est la langue des Peuls. C’est la langue que mes acteurs et moi maîtrisons le mieux. On estime à environ 50 millions d’individus la diaspora peule, ce qui en fait une langue plus parlée que le wolof. Et puis dans ma région, on parle assez lentement. Quand on dit bonjour à quelqu’un, l’autre prend souvent trois secondes pour répondre. C’est la réalité. Je voulais imprimer ce rythme au film.

A l’exception des deux rôles principaux, tous les comédiens sont amateurs. Comment avez-vous travaillé avec eux ?
Ce sont des gens qui n’ont jamais vu d’équipe de film, ni de caméra professionnelle. En arrivant à Matam, je suis allé directement au centre culturel où les jeunes se réunissent. Certains ont fait un peu de théâtre à l’école, ils ont pris du plaisir à jouer des sketches. J’ai passé des auditions, pendant des jours et des jours. Parfois, quelqu’un appelait un ami en me disant : je crois qu’il aimerait bien jouer dans le film, tu devrais le voir. Aïcha Talla, qui joue Nafi, je connais sa famille. On a constitué un groupe, on a introduit la caméra deux semaines avant le début des prises de vue et j’ai été très étonné de l’intelligence de tournage dont ces gens ont vite fait preuve. Le tournage a eu lieu de décembre 2018 à janvier 2019.

Comment produit-on un film comme Le Père de Nafi ?
J’ai eu la chance d’être aidé par le Fonds Hubert Bals de Rotterdam, ce qui m’a permis de financer la fin de l’écriture. Avec mon partenaire, Maba Ba, que j’ai rencontré à la NYU, nous avons choisi de produire le film nous-mêmes, via notre structure JoyeDidi. Je ne voulais pas rentrer dans un système de coproduction qui nous demande d’attendre telle ou telle commission, quitte à décaler le tournage de plusieurs mois. Et puis quand je faisais lire mon scénario à des Européens, ils me disaient souvent de resserrer le film autour de Bassa, le personnage qui devient le bras armé d’Ousmane. C’est ça que les gens veulent voir, me disait-on. Mais ce n’est pas ça que je veux montrer, je voulais garder mon indépendance pour parler de la religion. Ma force en production, c’est que j’écrivais pour ma ville : je connaissais la mosquée dont l’imam me laisserait la filmer, je connaissais le seul hôtel avec piscine qui pourrait devenir la maison du maire. Nous avons financé le film nous-mêmes. Quand il a été sélectionné à Locarno, le gouvernement nous a donné l’argent pour terminer la post-production. Nous sommes toujours endettés, mais le film sort !

Le sujet a-t-il été facilement accepté par les autorités locales ?
La direction de la cinématographie a le pouvoir de donner des autorisations nationales. Il y a même des choses qui marchent bien au Sénégal : avant même d’arriver à Matam, le préfet avait déjà été informé de cette autorisation. Ni la préfecture, ni la commune n’ont demandé à lire le scénario. C’est le premier film qui se tourne à Matam, ils ne sont sans doute pas encore très au fait de tout ça ! Mais les deux projections que nous avons organisées à Matam ont suscité un grand intérêt sans créer de polémique. Nous sommes très fiers de la façon dont nous avons sorti le film. D’habitude, il y a ce que le cinéaste Alain Gomis appelle la « sortie événement » : une soirée exceptionnelle à Dakar, comme un concert, au Grand Théâtre National ou au Théâtre Daniel Sorano, les gens s’habillent, la télé vient, etc. Nous, nous voulions commencer par la ville où le film a été tourné, avec les gens sans qui ce film n’aurait pu être fait. Nous avons acheté un écran géant gonflable, un projecteur, il y a eu deux fois 400 personnes, chaque soir un débat de plus de deux heures. Les gens ont aimé se voir au cinéma, et parmi les jeunes, beaucoup n’avaient jamais vu de film sur grand écran.

C’est cette jeunesse que les réseaux terroristes tentent de recruter…
C’est ce que je veux suggérer avec la dernière image du film : le petit Bilal, l’enfant des rues dont on n’a jamais vu les parents, sur qui Ousmane a fait une forte impression, est la cible idéale. Un jeune qui se sent délaissé, qui n’a aucun diplôme, aucune formation professionnelle, vous le prenez, vous vous occupez de lui, vous lui donnez un sentiment d’appartenance, le tour est joué. Par ailleurs, il y a au Sénégal, mais ailleurs aussi, une fracture numérique entre parents et enfants qui est très angoissante. Nos enfants sont exposés à des choses dont on n’a aucune idée. Je regardais un documentaire sur Netflix qui dit que l’algorithme fait en sorte de vous montrer des publications avec lesquelles vous serez d’accord. Le sentiment d’avoir raison, de partager une opinion commune, c’est cela qui vous garde le plus longtemps devant l’écran. C’est terrifiant !