Film soutenu

La fleur de Buriti

João Salaviza & Renée Nader Messora

Distribution : Ad Vitam

Date de sortie : 01/05/2024

Brésil, Portugal – 2h05 – 1:66 / 5.1

A travers les yeux de sa fille, Patpro va parcourir trois époques de l’histoire de son peuple indigène, au cœur de la forêt brésilienne. Inlassablement persécutés, mais guidés par leurs rites ancestraux, leur amour de la nature et leur combat pour préserver leur liberté, les Krahô n’ont de cesse d’inventer de nouvelles formes de résistance.

Festival de Cannes 2023 – Un Certain Regard

AVEC : Ilda PATPRO KRAHO, Francisco HYJNO KRAHO, Solane TEHTIKWYJ KRAHO, Raene KOTO KRAHO, Débora SODRE, Luzia KRUWAKWIJ KRAHO
Et les communautés de Pedra BANCA, Coprer, Morro GRANDE et Manoel ALVES PEQUENO • Avec la participation exceptionnelle de Sonia GUAJAJARA, Thiago Henrique, KARAI DJEKUPE, Shirlei DJERA

Réalisateurs : João SALAVIZA et Renée NADER MESSORA • Scénario:  João SALAVIZA, Renée NADER MESSORA, Ilda PATPRO KRAHO, Francisco HYJNO KRAHO, Henrique IHJAC KRAHO • Producteurs : João SALAVIZA, Renée MADER MESSORA, Ricardo ALVES Jr., Julia ALVES • Directrice de production: Isabella NADER MESSORA • Production locale: Henrique IHJAC KRAHO • Assistants de productions : Leonardo HECHT / Adão PYCRAN KRAHO / Gustavo XOTHYC KRAHO • Direction de la photographie et caméra : Renée NADER MESSORA • Chef opérateur du son : Diogo GOLTARA • Assistante réalisateur : Ilda PATPRO KRAHO • Cheffes décoratrice : Ángeles GARCIA FRINCHABOY / Ilda PATPRO KRAHO • Costumes et accessoires historiques : Dayse BARRETO • Costumes, objets et accessoires de Krahô : Centre Culturel Kajré • Montage : Edgar FELDMAN, João SALAVIZA, Renée NADER MESSORA • Montage son : Pablo LAMAR • Mixage : Ariel HENRIQUE

João Salaviza et Renée Nader Messora

João Salaviza (né en 1984) a fait ses études à l’école supérieure de théâtre et de cinéma de Lisbonne et à l’Universidad del Cine de Buenos Aires. Son premier court métrage, Arenaa reçu la palme d’or à Cannes en 2009, suivie de l’Ours d’Or du meilleur court métrage à la Berlinale de 2012 pour Rafa. C’est également en compétition officielle pour la Berlinale qu’il a présenté ses courts métrages High Cities Of Bone (2017) puis Russa (2018).
Son premier long métrage, Montanha – Un adolescent à Lisbonne, a fait ses débuts en 2015 au Festival du Film de Venise (Semaine de la Critique). Depuis, il se partage entre le Portugal et le Brésil, où il vit avec les indigènes du peuple Krahô. En 2018, il présente Le Chant de la Forêt (co-réalisé avec Renée Nader Messora) au Festival du Film de Cannes, et reçoit à cette occasion le Prix Spécial du Jury – Un Certain Regard. Le film a été distribué commercialement dans nombre de pays, notamment en France, où il a attiré quelque 45.000 spectateurs.
En 2023, il fait son retour au Festival du Film de Cannes dans la section Un Certain Regard, avec La Fleur de Buriti (co-réalisé avec Renée Nader Messora), filmé sur une durée de quinze mois sur les terres indigènes du peuple Krahô.

Renée Nader Messora (née en 1979) est titulaire d’un diplôme en technique cinématographique de l’Universidad del Cine de Buenos Aires. Elle a travaillé pendant 15 ans comme assistante réalisatrice sur divers projets au Brésil, en Argentine et au Portugal, dont Montanha – Un adolescent à Lisbonne, le premier long métrage de João Salaviza. C’est en tant que directrice de la photo pour le court métrage intitulé Pohí qu’elle fait la connaissance du peuple Krahô. Depuis, elle oeuvre auprès de cette communauté, contribuant notamment à la mise en place d’un collectif de jeunes réalisateurs qui utilisent le cinéma comme outil visant à affirmer l’identité culturelle et l’autodétermination du peuple Krahô.
En 2017, elle est directrice de la photographie du court métrage Russa, que réalisent Ricardo Alves Junior et João Salaviza, présenté en compétition officielle à la Berlinale de 2018. Cette même année, elle présente son premier long métrage, Le Chant de la Forêt (co-réalisé avec João Salaviza) au Festival du Film de Cannes. Co-réalisé avec João Salaviza, son deuxième long métrage, La Fleur de Buriti.


Note d’intention des réalisateurs

LE CINÉMA POUR PENSER

La Fleur de Buriti est ancrée dans notre conception du cinéma : pour nous, cet art est une pratique qui permet non seulement de raconter des histoires mais aussi de penser.

Avec ce nouveau film, nous souhaitions réfléchir à la relation entre le peuple Krahô et la terre. La violence subie par les Krahô au cours des derniers
siècles n’a cessé de modifier leurs rites et leurs pratiques pour protéger cette terre. Celle-ci a non seulement une valeur supérieure à leurs yeux, mais elle est aussi et surtout une condition primordiale pour que la communauté puisse vivre avec dignité et exercer pleinement sa culture.
Le film relate les tensions qui existent entre les communautés autochtones et les villages voisins, mais il convoque également tout un imaginaire poétique lié à la mémoire collective des communautés, à leurs rêves, leurs mythes ou encore leur rapport fascinant à l’invisible. Tout cela constitue une toile de fond complexe qui imprègne le film et nous permet de réfléchir, très sensoriellement, à la manière dont les Krahô organisent leurs récits.
Ils élaborent leur histoire selon leurs propres concepts, leurs propres principes et leurs propres mots.

UNE LUTTE PERPÉTUELLEMENT RÉINVENTÉE


L’importance des peuples autochtones pour notre planète ne réside pas seulement dans la sauvegarde de leurs connaissances ancestrales, mais aussi dans les enseignements que nous pouvons tirer de leur lutte. Si leur histoire est singulière, nous sommes convaincus que les défis auxquels les peuples autochtones sud-américains comme les Krahô font face aujourd’hui, résonnent sur tous les continents.

Au Brésil, le bolsonarisme a été un véritable massacre, tant du point de vue de la destruction des peuples et de leurs droits que dans la surexploitation et la ruine de leur terre. Les formes de violence qu’ils ont subis seraient capables d’anéantir des nations entières mais chez les Krahô, cette oppression a toujours généré en retour une formidable résilience, qui se réinvente quotidiennement et dont nous voulions témoigner.


DU PASSÉ AU PRÉSENT, DU PARTICULIER À L’UNIVERSEL

Le film se déroule sur trois époques distinctes, elles-mêmes centrées sur un événement marquant de l’histoire de ce peuple : un massacre de Krahô perpétrés par des agriculteurs cherchant à s’accaparer leur terre en 1940; une expérience traumatisante pendant la dictature militaire initiée en 1964; et enfin, de nos jours, l’avènement d’une nouvelle génération de leaders indigènes, dont le combat devient plus politique et universel que jamais.

Pour poser un regard sur le passé de cette communauté, nous avons recueilli de nombreuses histoires au fil des années et des longues périodes passées parmi les Krahô. La mémoire résiste, partagée par la communauté, et c’est précisément ces souvenirs que nous souhaitions relater. Dans ces récits, la lutte pour la terre prévaut toujours, même si les outils pour mener cette résistance ont évolué.

La dernière partie du film, contemporaine, fait écho au dicton « plus jamais un Brésil sans nous ».Elle témoigne de l’évolution du combat des Krahô. D’une lutte armée, il s’est mué en un combat politique par la présence de membres de peuples autochtones dans les sphères institutionnelles. Cette présence permettant non seulement d’alerter publiquement sur le sort des communautés indigènes au Brésil, mais aussi de témoigner de la relation symbiotique entre les Krahô et la terre, à l’heure ou nous devons livrer un combat commun pour transmettre un monde habitable aux générations futures.

VOIR LA TERRE À TRAVERS LEURS YEUX

En suivant au plus près le déroulement de l’histoire récente du peuple Krahô, à travers les regards de Hyjnõ, Patpro et Jotàt, nous sommes invités à entrer dans les villages, à marcher dans les forêts… Nous épousons une forme de narration non linéaire qui est celle des récits oraux des peuples indigènes, nous empruntons leurs chemins étroits, nous écoutons leurs problèmes et nous participons à leurs combats, sans jamais perdre de vue la beauté et la délicatesse avec lesquelles les Krahô marchent sur cette terre et appartiennent au monde.

João Salaviza & Renée Nader Messora