Suite à son divorce, une grande actrice coréenne retourne sur le devant de la scène, 12 ans après sa dernière apparition à l’écran. À l’occasion de la sortie du film, elle s’entretient avec plusieurs jeunes journalistes venues l’interroger sur son nouveau projet, mais aussi sur sa vie personnelle et les raisons de sa séparation.
Liste artistique
Song Sunmi, Cho Yunhee, Park Miso, Kim Sunjin, Ha Seongguk
Liste technique
Réalisation Hong Sangsoo
Direction de la photographie, montage Hong, musique, production, scénario Hong Sangsoo



Hong Sangsoo
Né à Séoul en 1960, Hong Sangsoo est l’une des figures majeures du septième art coréen contemporain. Réalisateur, scénariste et producteur, il s’est imposé depuis Le Jour où le cochon est tombé dans le puits (1996) par un cinéma singulier, fondé sur l’observation des relations humaines, des conversations et des hasards du quotidien.
Souvent tournés avec une grande économie de moyens, ses films mettent en scène des personnages issus de milieux intellectuels, confrontés à leurs désirs, leurs souvenirs et leurs contradictions. Les rencontres se répètent, les situations se déplacent et les mêmes événements peuvent être racontés ou vécus sous des formes différentes. Hong Sangsoo explore ainsi avec humour et mélancolie les écarts entre ce que l’on croit être, ce que l’on dit de soi et ce que l’on est réellement. Reconnaissable à ses plans-séquences, ses zooms caractéristiques et, souvent, à son usage du noir et blanc, son cinéma accorde une place essentielle à l’improvisation et aux variations infimes du quotidien. Régulièrement présent dans les grands festivals internationaux comme la Berlinale, Hong Sangsoo a notamment reçu l’Ours d’argent de la meilleure réalisation pour La Femme qui s’est enfuie (2020), puis le Grand Prix du jury pour La Voyageuse, avec Isabelle Huppert (2024).
Avec pas moins de 34 longs-métrages réalisés en 30 ans, le prolifique Coréen poursuit une œuvre immédiatement reconnaissable, qui transforme les rencontres les plus ordinaires en une réflexion subtile sur l’amour, la mémoire, le cinéma et le passage du temps.
Filmographie
2026 – Le jour de son retour
2025 — Ce que cette nature te dit
2024 — By the Stream
2024 — La Voyageuse
2023 — De nos jours…
2023 — In Water
2022 — Walk Up
2022 — La Romancière, le Film et le Heureux Hasard
2021 — Juste sous vos yeux
2021 — Introduction
2020 — La Femme qui s’est enfuie
2018 — Hotel by the River
2018 — Grass
2017 — La Caméra de Claire
2017 — Le Jour d’après
2017 — Seule sur la plage la nuit
2016 — Yourself and Yours
2015 — Un jour avec, un jour sans
2014 — Hill of Freedom
2013 — Sunhi
2013 — Haewon et les Hommes
2012 — In Another Country
2011 — List (court métrage)
2011 — Matins calmes à Séoul
2010 — Les Amours d’Oki
2010 — Ha ha ha
2009 — Les Femmes de mes amis
2009 — Visitors
2009 — Lost in the Mountains, segment du film Jeonju Digital Project
2008 — Night and Day
2007 — Woman on the Beach
2005 — Conte de cinéma
2003 — La femme est l’avenir de l’homme
2003 — Turning Gate
2000 — La Vierge mise à nu par ses prétendants
1998 — Le Pouvoir de la province de Kangwon
1996 — Le Jour où le cochon est tombé dans le puits
Alchimies du devenir
« ‘‘Un film est bon pour moi s’il m’apporte de nouvelles sensations et s’il modifie ma manière de penser.’’ Cette déclaration de Hong Sangsoo à propos du cinéma
[extraite des Cahiers du cinéma, n° 590, mai 2004] pourrait pleinement valoir pour ses personnages à propos de l’existence elle-même. Chaque fois ou presque, ce qui leur arrive se confond en effet avec le procès d’un changement qui affecte leur manière de penser et de percevoir, les conduisant à tisser le fil d’un rapport renouvelé à eux-mêmes et aux autres. Un telle affirmation concernant des personnages réputés hésitants, versatiles, qui semblent le plus souvent ne pas savoir ce qu’ils veulent, aller leur chemin sans direction précise et vivre des aventures sans lendemain, peut certes paraître étrange. Mais là est précisément l’une des raisons qui explique le sentiment paradoxal dans lequel nous laissent les films du cinéaste : dans nombre d’entre eux, les rencontres ne durent pas, les ruptures salutaires ou les alliances prometteuses sont ressaisies dans l’éventualité de n’être qu’un rêve, nul changement manifeste ne vient chambouler l’existence des personnages.
Et pourtant, la succession des situations qu’ils vivent ne cesse de dérouler le processus par lequel, à la faveur des surprises et déconvenues, des persistances et répétitions, quelque chose se modifie sensiblement en eux.
La transformation chez Hong Sangsoo n’est pas affaire d’événements identifiables, modifiant les dimensions visibles d’une situation sociale, professionnelle ou familiale, mais se joue à un autre niveau : celui, intérieur, du rapport que chacun entretient avec l’existence. Tout se passe en outre comme si la nature secrète de cette transformation conduisait le cinéaste à la fondre dans la matière de ses récits, sans chercher à la thématiser, alors même qu’elle se révèle en être l’un des vecteurs. »
Catherine Ermakoff, Extrait de Les Variations Hong Sangsoo, Simon Daniellou et Antony Fiant (dir.), de l’incidence éditeur, 2018