Film soutenu

The Mastermind

Kelly Reichardt

Distribution : Condor Films

Date de sortie : 04/02/2026

États-Unis | 2025 | 1h50

Massachussetts, 1970. Père de famille en quête d’un nouveau souffle, Mooney décide de se reconvertir dans le trafic d’œuvres d’art. Avec deux complices, il s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère compliqué. Traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour.

Festival de Cannes 2025 – Compétition officielle

Liste artistique
James Blaine Mooney Josh O’Connor | Terri Mooney Alana Haim | Fred John Magaro | Sarah Mooney Hope Davis | Bill Mooney Bill Camp | Maude Gaby Hoffmann |

Liste technique
Réalisation Kelly Reichardt | Scénario Kelly Reichardt | Directeur de la photographie Christopher Blauvelt | Montage Kelly Reichardt | Décors Anthony Gasparro | Son Ryan Billia et Daniel Timmons | Musique Rob Mazurek | Producteurs Neil Kopp, Vincent Savino, Anish Savjavni | Société de production Mubi

Kelly Reichardt

Cinéaste indépendante, plutôt à contre-courant, Kelly Reichardt est la fille d’un officier de police et d’une mère employée de l’Agence fédérale de lutte anti-drogue. Elle s’est tout d’abord passionnée pour la photographie, découvrant celle-ci à travers l’objectif que son père utilisait pour photographier les scènes de crime. En 1988, elle s’installe à New York. Ses débuts au cinéma datent de 1989 : elle est directrice artistique pour le film L’Incroyable Vérité (The Unbelievable Truth) de Hal Hartley. Puis elle collabore, en 1991, à la réalisation du film de Todd Haynes : Poison. Elle tourne en 1995 son premier long métrage, River of Grass, et obtient trois nominations aux Independent Spirit Awards ainsi que le Prix du grand jury au festival de Sundance. C’est avec Old Joy (2006), son deuxième film, que Kelly Reichardt acquiert en Europe un début de reconnaissance. Wendy et Lucy (2008), sélectionné dans la sélection Un certain regard au Festival de Cannes 2008, et le western très atypique La Dernière Piste (Meek’s Cutoff, 2010) confirment la prédilection de Kelly Reichardt pour un cinéma pastoral minimaliste. Une rétrospective de l’œuvre de la cinéaste a eu lieu au Museum of Modern Art de New York à l’automne 2017.
Ses films ont été projetés à la Biennale du Whitney (2012), au Film Forum, au Festival de Cannes, dans la catégorie Un Certain Regard, à la Mostra de Venise, au Festival de Sundance, au Festival Viennale, au Festival de Berlin, au Festival de Toronto, au Festival de Rotterdam, au BFI London Film Festival. Plusieurs rétrospectives lui ont été consacrées : Anthology Film Archives, Pacific Film Archive, Museum of the Moving Image, Walker Art Center, American Cinematheque de Los Angeles, European Touring Retrospective (The American Landscape: The Films of Kelly Reichardt). Elle enseigne comme artiste en résidence au Bard College. L’ouvrage ReFocus: The Films of Kelly Reichardt lui a été consacré.

Filmographie

Longs métrages
2022 – Showing Up
2019 – First Cow
2016 – Certaines femmes (Certain Women)
2014 – Night Moves
2010 – La Dernière Piste (Meek’s Cutoff)
2008 – Wendy et Lucy (Wendy and Lucy)
2006 – Old Joy
1994 – River of Grass

Courts et moyens métrages
2004 – Travis (moyen métrage)
2001 – Then a Year (moyen métrage)
1999 – Ode (moyen métrage) et scénariste


Entretien avec Kelly Reichardt

L’histoire

Un polar sur fond d’art dans une banlieue du Massachusetts dans les années 1970 : le nouveau film de Kelly Reichardt, THE MASTERMIND, revisite le film de cambriolage traditionnel pour scruter les choix d’un homme et de leurs conséquences inattendues. Josh O’Connor incarne James Blaine Mooney, menuisier au chômage qui peine à répondre aux attentes de la bourgeoisie dans laquelle il a grandi et s’essaie au vol d’œuvres d’art à la petite semaine. Attiré par l’argent facile, il organise son premier vol de grande ampleur avec une bande de bras cassés, un commando en plein jour, au culot, dans un petit musée d’art de la ville avec pour butin une série de tableaux abstraits de l’artiste américain Arthur Dove. Lorsque les choses tournent à la catastrophe, la vie de Mooney bascule.

À l’instar de nombreux personnages chez Kelly Reichardt—les amis vieillissants de OLD JOY (2006), les protagonistes à la dérive de WENDY ET LUCY (2008), les colons précaires de FIRST COW (2020)—J.B. Mooney a perdu son chemin et se débat pour aller de l’avant. Ancré dans une banlieue endormie de la Nouvelle-Angleterre, THE MASTERMIND est une étude de caractère sur ce personnage et ses différents cercles : son père, juge respecté de la ville (Bill Camp), sa mère trop généreuse (Hope Davis), sa femme Terri (Alana Haim) et leurs fils Tommy (Jasper Thompson) et Carl (Sterling Thompson), et la petite bande de pieds nickelés de J.B. (Eli Gelb, Cole Doman et Javion Allen). THE MASTERMIND instaure une tension du quotidien, une modulation subtile du temps qui rappelle les expérimentations de son film NIGHT MOVES (2013), sur un groupe d’écoterroristes.

Après avoir réinventé le western dans LA DERNIERE PISTE (2011), Kelly Reichardt détourne ici les codes du film classique de cambriolage. « Ce sont ceux de Melville, mes préférés  », déclare-t-elle en citant les films néo-noirs du réalisateur français LE CERCLE ROUGE [1970] et UN FLIC [1972], et les ‘romans durs’ de Georges Simenon, dans lesquels l’intrigue a toujours une issue funeste ». Kelly Reichardt renverse la structure temporelle habituelle du genre en situant le cambriolage dans le premier quart du film, pour consacrer le reste du film à ses conséquences. « C’est un film sur l’après, un film de basculement », dit-elle. Dans le prolongement d’une thématique qui traverse toute l’œuvre de la cinéaste, THE MASTERMIND se concentre sur les conséquences des actes du héros sur lui-même et sur son entourage.

Genèse et influences

« Dans les années 90, j’avais envie de faire un film de casse en Super-8, se souvient Kelly Reichardt. L’idée mijotait en moi depuis longtemps. Il y a quelques années, j’ai lu un article sur le cinquantième anniversaire de ce cambriolage d’œuvres d’art au Worcester Art Museum dans le Massachusetts, où des adolescentes ont été embringuées dans le coup. L’idée m’a amusée et a germé en moi.  » Cet événement qui est resté légendaire dans la région s’est déroulé dans l’après-midi du 17 mai 1972 : des hommes armés ont volé deux Gauguin, un Rembrandt et un Picasso. À une époque bien antérieure à la surveillance électronique généralisée, les vols à l’arraché d’œuvres d’art célèbres étaient plus courants qu’aujourd’hui : parmi les plus pittoresques, le vol en 1969 d’un Caravage dans une chapelle de Palerme, le pillage massif en 1972 de 18 tableaux et de 39 bijoux du Musée des beaux-arts de Montréal, ainsi que le vol d’une valeur de 20 millions de dollars, au profit de l’IRA, de tableaux de Rubens, Goya, Vermeer et Gainsborough dans la propriété d’un homme politique britannique en 1974.

« Il y a eu énormément de vols à main armée à cette époque, avant le musée Gardner », explique Kelly Reichardt, en référence au fameux vol de 1990 de ce musée de Boston, qui reste le vol d’art le plus coûteux de l’histoire. L’intrigue de THE MASTERMIND a été développée par Kelly Reichardt à partir d’un mélange (« une salade composée », dit-elle) de nombreux incidents de cette époque. « Les vols d’œuvres d’art à l’ancienne existent encore. D’ailleurs, alors qu’on tournait dans l’Ohio, un jeune homme est entré en cassant une fenêtre dans un bâtiment du campus de Bard College [où Kelly Reichardt enseigne depuis 2006], a décroché deux tableaux du mur et a pris la fuite à pied dans la forêt. Il a été retrouvé par un drone infrarouge. »

Le cambriolage de THE MASTERMIND a lieu à Framingham, dans le Massachusetts, une commune tranquille située entre Worcester et Boston. Dans le scénario de Kelly Reichardt, J.B. Mooney et ses complices subtilisent une série de tableaux du musée d’art fictionnel de Framingham. (En 1970, il y avait dans la vraie ville de Framingham une université et une prison pour femmes, mais pas de musée d’art.) Kelly Reichardt n’était pas pour que ses personnages volent des tableaux de maîtres comme ceux prisés par les vrais cambrioleurs de l’époque. « J.B. n’est pas aussi ambitieux. Il convoite les tableaux qu’il connaît et qui lui parlent », dit-elle.

À la place, Kelly Reichardt a décidé qu’ils cibleraient une exposition d’œuvres d’Arthur Dove, l’artiste préféré de la cinéaste. Moderniste influent mais moins connu, souvent cité comme le premier peintre abstrait américain, Dove a peint pendant la première moitié du XXe siècle jusqu’à sa mort en 1946.

« Ça aurait pu être quelqu’un comme Milton Avery, confie Kelly Reichardt, mais j’ai choisi Arthur Dove au début de l’écriture, puis je suis passée par beaucoup d’autres possibilités avant de revenir à lui. D’abord, son nom [dove signifie colombe en anglais] collait bien au film. De plus, un ami d’ami, Alec MacKaye, travaillait à la Phillips Collection, où l’on peut admirer les tableaux de Dove. Je me suis dit qu’Alec serait un bon interlocuteur pour tenter d’obtenir des reproductions pour le film.  » (La collection Phillips, à Washington, détient le plus grand nombre de tableaux de Dove.) Après être passés devant d’autres tableaux connus d’autres artistes, les complices de J.B. Mooney décrochent quatre tableaux de Dove : Willow Tree (1937), Yellow Blue Green Brown (1941), Tree Forms (1932) et Tanks & Snowbanks (1938). Ailleurs dans l’exposition, on peut apercevoir Red Sun (1932), une des œuvres les plus emblématiques de Dove.

« Tony Gasparro et l’équipe déco ont entièrement construit le musée, dans un ancien entrepôt  », raconte Kelly Reichardt. « C’était exaltant de voir notre maquette en mousse et nos plans prendre vie : l’édification des murs, la pose du parquet, la fabrication des cadres, la reproduction des œuvres de Dove par un artiste, le travail jour et nuit des menuisiers de la région. Un de nos décorateurs, Jeff Crowe, sculptait des miniatures pour les vitrines. Christopher Blauvelt et son équipe ont conçu l’éclairage en parallèle. C’était génial, à la fin d’une journée de repérages, de passer par l’entrepôt et de voir la progression du jour. Une fois le musée construit, la peinture sèche et les œuvres accrochées, le département déco a organisé un vernissage pour tous les ouvriers. Les stagiaires faisaient passer des plateaux de fromage et de crackers ! C’était drôle et trop mignon. Ensuite, on a tourné pendant deux ou trois jours, puis le décor a été démonté, les matériaux ont été donnés à droite à gauche et c’était comme si tout ça n’avait jamais existé. »

Pour les scènes à l’extérieur du musée, l’équipe de Kelly Reichardt a tourné devant la bibliothèque Cleo Rogers de Columbus, dans l’Indiana, achevée en 1969, conçue par l’architecte I. M. Pei dans l’idée d’animer le centre-ville. Cette bibliothèque est un modeste bâtiment moderniste en brique donnant sur une place ronde avec en son centre une imposante statue en bronze de Henry Moore (Large Arch, 1971). Cet espace agréable et accueillant témoigne des travaux publics ambitieux et optimistes de l’Amérique d’il y a un demi-siècle, magnifiquement remis en lumière par la photo de Christopher Blauvelt.

J.B. Mooney et son cercle

« Le film change plusieurs fois de ton, explique Kelly Reichardt. Le choix des acteurs s’est concentré en grande partie sur cette envie de saisir ces différentes tonalités, ces styles de jeu, pour qu’ils s’entremêlent et fonctionnent bien ensemble. La directrice de casting, Gayle Keller, est arrivée tôt sur le projet et a travaillé dans ce sens. »

Pour le rôle central de J.B. Mooney, Kelly Reichardt a choisi la star montante britannique, Josh O’Connor, qui sortait juste de son premier tournage américain dans CHALLENGERS (2024) de Luca Guadagnino. « Je n’avais pas vu CHALLENGERS, mais j’avais vu Josh dans SEULE LA TERRE (2017) à sa sortie, puis dans la série THE CROWN, pour laquelle il a complètement modifié sa voix et sa posture. Mon ami le réalisateur Karim Aïnouz nous a présentés, alors qu’il venait de faire LA CHIMERE (2023) avec Alice Rohrwacher. » Josh O’Connor a été emballé par le scénario de THE MASTERMIND et par le personnage de J.B., un homme assez intelligent pour se mettre dans les ennuis, mais pas assez intelligent pour s’en sortir. « Josh avait un mantra qu’il répétait avant chaque scène, raconte Kelly Reichardt. Il répétait à qui voulait l’entendre : ‘C’est une très bonne idée’, en référence au vol des tableaux. Quand un machino arrachait la banquette arrière de la voiture, Josh disait : ‘Franchement, Bruce, c’est une très bonne idée’, ou quand Chris Carroll, l’assistant réalisateur, regroupait les figurants, Josh disait : ‘Chris, je pense que c’est une très bonne idée.’ »

Le style visuel et sonore des années 1970

Pour peaufiner le style visuel qu’elle souhaitait pour THE MASTERMIND, Kelly Reichardt et Christopher Blauvelt se sont inspirés des films des années 70 du chef opérateur néerlandais Robby Müller, notamment des couleurs en demi-teinte et des tons marron de L’AMI AMERICAIN (1977). « Christopher et moi, il y a des années, avons eu la chance de voir ensemble sur grand écran FAT CITY (1972) de John Huston. Je crois que ce film a façonné notre identité. Et comme beaucoup de gens de ma génération, impossible d’échapper à l’influence de photographes tels que Stephen Shore et William Eggleston. »

Au fil du film, la lumière du jour laisse la place à des tons plus sombres. Kelly Reichardt est de plus en plus attirée par les noirs profonds des scènes de nuit, qui permettent des mouvements de caméra fluides et une finesse du détail. C’est un effet visuel fort, qu’elle a beaucoup expérimenté avec Christopher Blauvelt lors de leur collaboration antérieure sur FIRST COW, aux nombreuses scènes de nuit. Ici, l’image de plus en plus sombre reflète l’isolement grandissant de J.B. Mooney. « D’habitude, un chef opérateur veut beaucoup de lumière et le réalisateur milite pour plus d’obscurité, observe Kelly Reichardt. En tout cas, ça arrive souvent. Mais Christopher et moi, on adore les scènes de nuit. C’est délicat parce qu’on peut vite en faire trop. Si on ne se contient pas un peu, ça peut devenir vraiment tout noir. Josh faisait remarquer régulièrement que son jeu n’avait pas grande importance puisque personne ne verrait rien, de toute façon. »

La musique du film est signée Rob Mazurek, du groupe de jazz Chicago Underground Trio, qui a travaillé avec un autre de ses membres, Chad Taylor, et un grand nombre de percussionnistes et de bassistes. Mazurek et Taylor interprètent chacun des solos, respectivement à la trompette et à la batterie, et l’enregistrement a eu lieu dans des studios à Philadelphie et à Marfa, au Texas.
Cette bande-son 100 % jazz est une nouveauté pour Kelly Reichardt, qui n’avait que peu exploité ce genre musical dans ses films précédents.

Mais pendant l’écriture du scénario de THE MASTERMIND, dit-elle, elle écoutait des disques de Sun Ra, Pharaoh Sanders, John Coltrane et Bill Evans, qui ont façonné l’ambiance du film au fil de son développement.

Un film qui se passe dans les années 70 n’en serait pas un sans les imposantes voitures américaines d’époque, qui sont le symbole absolu de cette période et de sa représentation au cinéma. THE MASTERMIND ne fait pas exception : Tim Wells, passionné de voitures, a réuni un vaste éventail de voitures anciennes pour le film, de la Chevy Nova 64 de J.B. Mooney à la Coccinelle verte de Terri, dans un paysage peuplé de Ford, de Dodge, d’Oldsmobile et de Buick. « Ces voitures sont arrivées de tout le pays, au moins une a été sortie d’un marécage, rapporte Kelly Reichardt. Dans la scène où l’on voit Terri reculer en sortant du garage, la peinture de sa Coccinelle est encore fraîche. »

Certaines des scènes-clés et marquantes de THE MASTERMIND se déroulent dans des voitures. « C’était le rêve de pouvoir tourner dans de belles grosses voitures avec grandes vitres, sièges bas, beaucoup de place pour installer une caméra où on veut, sans parler de leurs couleurs et de leurs formes, dit la cinéaste. De vrais bijoux. Je savais depuis le départ que je voulais un musée avec un rond-point, qui permette aux voitures de se garer juste devant. C’est une contrainte qui n’est pas simple, parce que j’imagine que les musées ont compris qu’un rond-point pouvait faciliter une fuite en voiture avec des œuvres d’art volées. Beaucoup de musées en avaient, mais ça a tendance à disparaître. On a eu beaucoup de chance de tomber sur cette bibliothèque dans l’Indiana, avec son rond-point et sa sculpture géante d’Henry Moore au milieu. » Jane Streeter et son équipe de repérage ont trouvé tous les autres lieux de tournage dans et autour de la région de Cincinnati.

La télévision et la radio relaient des informations sur la guerre du Vietnam tout au long du film, mais toujours en fond sonore, en ambiance. « À cette époque, l’une des trois grandes chaînes diffusait des images de la guerre à mesure de son déroulement dans la jungle, rappelle Kelly Reichardt. D’épouvantables scènes de guerre tournées en 16 mm. » Pour la cinéaste, cela fait écho à la situation géopolitique actuelle, avec des médias qui font entrer la violence de l’autre bout du monde dans les foyers. « L’accès à l’information n’est plus le même, mais hier, par exemple, j’écoutais un podcast dans lequel des médecins parlaient du nombre d’enfants à Gaza tués d’une balle dans la tête, se souvient-elle. On ne peut pas imaginer plus atroce. Et la minute d’après, je me rends à pied dans une galerie d’art au sud de Manhattan, je me retrouve dans une salle remplie de tableaux, avec mes amis qui jouent de la musique, les gens sont assis sur des canapés et par terre pour écouter, des enfants courent partout, des chiens se baladent dedans et dehors. Ça fait vraiment très bizarre, ces deux réalités qui se percutent. L’horreur du monde fait une incursion dans notre monde, sans affecter notre quotidien. Mais malgré tout, elle plane au-dessus de nos têtes. Nous vivons tous avec ce chagrin collectif. THE MASTERMIND exprime cette idée au travers du personnage de J.B. Mooney, qui s’accroche à l’idée que l’on peut rester à distance de ce qui se passe dans le monde. Je pense que nous sommes tous bien plus liés que ça. »