Film soutenu

DRY LEAF

Alexandre Koberidze

Distribution : Norte Distribution

Date de sortie : 08/07/2026

Allemagne, Géorgie | 2025 | 3h06

Lisa, photographe sportif, disparaît, laissant une lettre dans laquelle elle demande de ne pas la chercher. Comme elle était partie photographier les terrains de football de villages éloignés, son père Irakli, équipé d’une liste de lieux donnée par son rédacteur en chef et aidé d’un ami à elle, part à sa recherche à travers les vastes et riches paysages géorgiens.

Festival International de Locarno 2025 – Concorso Internazionale
Entrevues de Belfort 2025 – Compétition internationale

Liste artistique
David Koberidze, Otar Nijaradze

Liste technique
Réalisation, scénario, photographie et montage Alexandre Koberidze | Musique et son Giorgi Koberidze | Production New Matter Films (Allemagne), Mariam Shatberashvili et Luise Hauschild |Coproduction Alexandre Koberidze

Alexandre Koberidze

Alexandre Koberidze est né à Tbilissi, en Géorgie et a étudié la réalisation à l’Académie allemande du cinéma et de la télévision de Berlin (DFFB). C’est là qu’il a réalisé plusieurs courts métrages, ainsi que le long métrage Let the Summer Never Come Again, qui a remporté de nombreux prix dans des festivals du monde entier, dont le Grand Prix du FID de Marseille. Son film de fin d’études, Sous le ciel de Koutaïssi a été présenté en compétition à la Berlinale en 2021, y a remporté le prix FIPRESCI, et a ensuite été récompensé dans de nombreux autres festivals, dont le festival Premiers Plans d’Angers où il a remporté le Grand Prix du Jury en 2022. Le film est sorti en France en février de la même année. Dry Leaf est son troisième long métrage de fiction.

Filmographie
2025Dry Leaf
2021Sous le ciel de Koutaïssi
2018 Linger on Some Pale Blue Dot
2017 Let the Summer Never Come Again
2017 The Perfect Spectator (court métrage)
2015Colophon (court métrage)
2014Der Fall (court métrage)



Bien sûr, il y a cette structure visuelle, une image saturée et indéfinie qui appelle à chercher les moindres variations et détails dans chaque pixel, comme Irakli cherche dans chaque détail du paysage et de son bestiaire la moindre trace de sa fille. Mais le film s’illustre aussi par la générosité de Koberidze, qui offre aux spectateur·ice·s la possibilité de jouer avec son système à chaque minute et de s’y investir pleinement. Chaque contrainte économique et technique devient une force plastique et narrative, par laquelle le cinéaste géorgien invoque autant de personnages fantômes que de tableaux impressionnistes à couper le souffle. Il y a aussi cette attention portée aux choses les plus infimes, cette décélération du temps, comme le moment où l’on se suspend à la frappe du tireur de coup franc, dont le titre, Dry Leaf, est autant la traduction que celle des feuilles qui jonchent les terrains de football géorgiens. 

À l’heure où la menace d’une concentration toujours plus forte pèse sur la diversité des formes cinématographiques, où la crainte de la division crée des refus d’obstacle face à des œuvres et des esthétiques jugées trop radicales, Alexandre Koberidze livre un sublime manifeste sur le pouvoir des images et nous rappelle que le propre des cinéastes est de confier à celleux qui regardent les clés de leurs imaginaires. 

Clément Dussart, délégué général du GNCR – Groupement National des Cinémas de Recherche


À la fin des années 1950, le footballeur brésilien Didi a mis au point une technique de frappe appelée « la feuille morte ». Tout comme une feuille morte qui tombe d’un arbre et dont l’œil humain ne peut prédire où elle va atterrir, cette technique rend impossible pour le gardien de but de prévoir la trajectoire exacte du ballon. C’est un mystère pour tous, y compris pour le tireur lui-même.
Essayez de vous rappeler une feuille qui tombe — comment elle change de direction et de vitesse, plongeant parfois rapidement et en ligne droite vers le sol, avant que tout ne change brusquement. Elle commence à planer lentement et calmement avant de changer à nouveau de trajectoire, et ainsi de suite, en fonction de la hauteur, du vent, de l’humidité et d’innombrables autres facteurs dont nous ne sommes même pas conscients. Même lorsqu’elle atteint le sol, le voyage de la feuille n’est pas terminé : une rafale de vent ou un petit garçon en route pour l’école pourrait l’emporter dans un autre quartier, ou quelqu’un pourrait la balayer dans un sac avec des milliers d’autres feuilles et l’envoyer là où les feuilles sont brûlées.
Mais tout comme la balle de Didi, une fois qu’elle commence à tomber, personne ne sait où elle ira — et il en va de même pour nos protagonistes. Ils ont un but mais aucune idée précise de la manière de l’atteindre, alors ils se laissent guider par les circonstances. Et il en a été de même pour nous, les quelques personnes qui avons réalisé ce film : nous nous sommes laissés tomber et avons fait confiance aux vents pour nous emmener là où nous ne pouvions l’imaginer. Cette chute continue, et il n’y a pas de retour en arrière possible.

Alexandre Koberidze